@Fergus
Une fois que l’on décidé de ne rien avoir en commun avec 90% de l’électorat au bas mot, il est bon d’avoir un Aventin pas trop loin.....
Nous sommes au Ve siècle avant J.-C. Nous avons donc d’un côté la plèbe
romaine - les petites gens dont les soldats - et de l’autre les
patriciens - la noblesse, principalement - qui exploitent les premiers
et détiennent tous les pouvoirs. Les plébéiens, très pauvres car très
lourdement imposés, sont écrasés par les dettes (ils peuvent même être
transformés en esclaves afin de les rembourser), ce qui donne lieu à des
mouvements d’agitation et même des révoltes. Pourtant, lorsqu’il faut
combattre les Volsques[1], les consuls proposent aux
plébéiens, en échange de leur indispensable participation à la guerre,
d’effacer leur dettes et d’affranchir ceux qui sont devenus esclaves
pour dettes.
Une fois une première victoire remportée, les
promesses ne sont pas tenues. Les plébéiens se retranchent alors sur le
lieu d’où la plupart sont originaires, l’Aventin, et refusent toute
autre participation aux combats. Les consuls, conscients qu’ils ne
peuvent pas se passer de ces gens (aussi bien sur le plan militaire que
sur l’économique), envoient Ménénius Agrippa tenter de les convaincre.
Ce dernier leur tient alors le discours suivant :
«
Un jour, les membres du corps humain, voyant que l’estomac restait
oisif, séparèrent leur cause de la sienne, et lui refusèrent leur
office. Mais cette conspiration les fit bientôt tomber eux-mêmes en
langueur ; ils comprirent alors que l’estomac distribuait à chacun d’eux
la nourriture qu’il avait reçue, et rentrèrent en grâce avec lui. Ainsi
le sénat et le peuple, qui sont comme un seul corps, périssent par la
désunion, et vivent pleins de force par la concorde ».
Le discours
(accompagné de quelques négociations complémentaires) fait probablement
mouche, puisque les plébéiens se rabibochent avec les patriciens et, en
échange de leur participation active à la vie et la défense de la cité,
ont non seulement leurs dettes effacées mais ils obtiennent également le
droit de désigner des représentants pour participer aux décisions, les
tribuns de la plèbe.
Cette expression s’emploie aussi
actuellement dans le cas d’une personne vexée de ne plus contrôler une
situation et qui s’en désintéresse.
Et pourtant il va vous falloir choisir entre les trois ou les laisser décider sans vous grâce à votre abstention.