@C’est Nabum
Ma télé est en panne depuis bientôt 30 ans.
Ce vendredi je regardais le match sur le site de TF1, c’est la seule chose que je regarde : du foot.
Comme ils annonçaient les attentats, je me suis dit, je vais regarder ce qu’ils disent. J’ai regardé 2mn, je me suis dis stop, il faut que j’arrête. J’ai ressenti quelque chose de malsain, l’angoisse de la présentatrice qui me coulait dessus. Le ton de la voix, les mimiques du visage, pour moi qui suis désaccoutumé de ce spectacle j’y suis peut-être davantage sensible, mais j’ai sentis qu’il suintait de cela quelque chose dans laquelle je ne voulais pas être pris. Je me retire donc. Ce n’est pas un manque d’empathie, c’est plutôt tenter de rester du côté des vivants, de rester libre. Le matin, quand j’ai raconté l’histoire à ma femme qui, elle, non seulement ne regarde pas la télé mais n’écoute pas la radio ni ne lit de journaux ou d’internet, elle a pleuré. Puis elle a repris sa vie normale. Une vie où l’on sourit à ses voisins, où l’on invite des enfants, où on mange en famille. Une vie où l’on refuse la peur, où l’on accepte la mort, où l’on est attentif aux autres sans être habité par l’angoisse.
Pour moi, c’est un peu différent, je cherche à comprendre, à analyser, je vis dans un monde que j’essaye de penser parce que je crois que c’est aussi, un peu, notre devoir. La prise de conscience c’est ce qui fait bouger les lignes. Mais pour ça, comme vous dites, il faut prendre du recul, refuser la dictature de l’émotion, la dictature de l’immédiateté, la dictature du spectacle.
Le crime est un spectacle qu’il faut avoir le courage de ne pas regarder.
Bon les affaires reprennent, la peur c’est bon pour la consommation.