@Allexandre
Mon article n’est qu’une tentative de réflexion, et je ne prétends nullement détenir une réponse définitive.
S’agissant des causes du terrorisme, elles sont très diverses, mais, pour partie au moins, elles se situent dans notre société.
Pour résumer ce que j’ai écrit, je dirais que le recours à la violence qu’est le terrorisme est un acte de désespoir et de révolte, répondant en partie à un besoin d’idéalisme face à une société devenue totalement matérialiste et à un monde politique corrompu. Cela ne signifie pas que tous les terroristes sont des idéalistes, il existe bien sûr une quantité d’autres motifs possibles, comme par exemple des motifs purement crapuleux.
En fait, je me suis intéressé uniquement au cas de terroristes et d’autres individus (qui n’ont pas été qualifiés de terroristes, bien que leurs actes aient semé la terreur) faisant délibérément le sacrifice de leurs vies.
S’agissant des valeurs du christianisme que vous évoquez, et que, croyant ou non, on pouvait partager, le matérialisme de la société et la corruption qui l’entoure me paraissent être à l’opposé de ces valeurs. L’esprit de renoncement que je déplore participe bien de l’abandon de ces valeurs, et je ne crois pas que l’on puisse en rendre responsable un pays, une communauté étrangère ou une confession quelconque.
Ce renoncement, ce matérialisme se manifestent notamment par l’hédonisme, par une recherche effrénée de l’argent et du plaisir, par un refus de l’effort, de l’engagement, du partage et par un anarchisme qui n’est nullement l’amour de la liberté, mais qui constitue une forme de nihilisme, rejetant toute valeur, toute règle morale, tout respect des autres, et qui ne débouche sur rien, sinon sur l’individualisme et sur l’exaltation de la « réussite personnelle » !
Le terme de « dévoiement » qui était contenu dans la question que vous m’aviez posée, et que j’ai repris, est sans doute impropre, car il laisse entendre que nous sommes dévoyés par d’autres que nous-mêmes. Les termes de « renoncement » ou « d’abandon » conviennent mieux, car ils impliquent une décision ou une attitude dont nous sommes les seuls à devoir répondre.
Au risque de me répéter, j’ajoute qu’il existe de multiples causes au terrorisme, et que mes observations n’ont évidemment pour objet ni de justifier le terrorisme ou l’idéologie qui en est le soutien, ni de trouver des excuses à des actes qui sont tout simplement criminels, et qu’il faut mieux comprendre pour mieux les combattre.