Il est très rare qu’il se passe une semaine sans que je traverse au moins deux ou trois fois à pied la place de la République. Si je veux aller au centre de Paris, elle est sur mon chemin. Pourtant, quand Finkielkraut a failli se faire écharper par ces abrutis, il y avait bien une quinzaine de jours au moins que je ne l’avais pas revue, cette grande place enlaidie par une récente rénovation. Je préférais passer dessous, par le métro.
Le spectacle de la bêtise m’a toujours profondément dégoûté. A la fin des années 90, j’ai participé à bien des manifestations pour protester contre la destruction de l’école, conduites hélas par des syndicats « de gauche » dont l’objectif était surtout de faire marcher les enseignants pour les fatiguer et les induire à souffrir finalement les « réformes » qui achèveraient la démolition de l’édifice républicain. J’aurai connu cela jusqu’à la nausée.
Ce mouvement des éternels avachis rappelait dès son début l’idéologie d’une vieille crapule antisémite dont une indignation sénile avait fait momentanément l’une des figures médiatiques les plus atroces depuis la fin de la guerre.
Ce qu’on appelle encore l’extrême gauche en France - par habitude -, aura fini par récupérer les thèmes les plus ignobles de l’extrême droite des milices vichyssoises ; elle en imite désormais les comportements fascisants.
Les socialistes, qui auraient dû, s’ils avaient encore un peu de pouvoir, mettre un terme à ce cirque grotesque pour éviter les déprédations dont commencent à souffrir sérieusement les riverains, ont surtout peur de ces agités acéphales, comme ils ont déjà peur de cette autre forme de fascisme que les salafistes incarnent. Tout cela est de fort mauvais augure.