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Commentaire de Rincevent

sur Maltraitance institutionnelle : cinq infirmiers se sont suicidés cet été


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Rincevent Rincevent 1er septembre 2016 17:56

Pour tenter de comprendre cette dégradation de la situation, Il faut examiner la structure hiérarchique d’un hôpital, de haut en bas :

- Tout d’abord le directeur, nommé en Conseil des Ministres, pas moins, pourquoi ? Parce qu’il doit être « fiable » dans l’exécution de tout ce qu’on va lui demander (faire plus avec moins, essentiellement).

- Ensuite, l’infirmier (ère) général (e) : cadre supérieur, patron tout-puissant du personnel soignant, courroie de transmission du directeur.

- Puis les cadres infirmiers (ères) : Ils gèrent plusieurs services (ou plusieurs secteurs, en externe), sous la houlette de l’IG

- Pour finir, les cadres infirmiers (ères) : gèrent un service, parfois plus.

Tout ces cadres, en plus du côté gestionnaire, sont censés avoir une fonction d’animation des équipes mais, comme leur quotidien consiste essentiellement à : 1) Avoir le nez planté dans les plannings toute la journée pour boucher les trous des arrêts de maladie, muter des agents là où le manque devient criant, etc. et : 2) Enchainer réunions sur réunions, pour tenter de trouver des solutions à tout ça, ils ne sont pas très disponibles pour le reste.

Il est à noter que les missions de tous ces cadres génèrent souvent des conflits avec les médecins qui se sentent dépossédés de leur autorité (c’est fait pour. De plus, les directeurs vont pouvoir désormais choisir les médecins à l’embauche...). J’ai eu souvent l’occasion d’assister à ces clashs, ce n’était pas triste…

Un des derniers projets qui couve : les futurs cadres n’auront plus besoin d’avoir été soignants au départ ! Une certaine « logique », puisqu’il s’agit prioritairement de gestion, comme pour un centre de tri, par exemple. Le problème sera que les patients (vous, moi) seront les colis.

Par dessus tout ça (et pour ne rien arranger) l’ARS (agence régionale de santé) avec à sa tête un personnage omnipotent, véritable super-préfet de la santé dans sa région, avec compétence sur tout (surtout l’ouverture/ fermeture/réorientation de services, voire d’hôpitaux entiers).

Voilà où on en est. Comme une structure n’est jamais qu’au service d’une politique, le problème est bien dans les mains des politiques. Mais, lors d’élections, législatives ou présidentielles, avez-vous déjà vu des programmes précis sur la santé ? (à part part renflouer, ou pas, la Sécu). Moi, jamais. Ça se décide dans les cabinets d’énarques, bien à l’abri de cette populace qui pourrait, sinon, se mêler de ce qui la regarde…


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