@quartiersauvage
Concernant le Manuel, rappelez vous que Khrouchtchev est déjà au pouvoir depuis deux ans quand sort la deuxième édition du manuel. C’est aussi un an avant le XXème congrès, qui verra la remise en cause de plusieurs fondamentaux du socialisme en URSS, dont les SMT. Or il est incontestable que Mao a approuvé cette liquidation.
En 1955, le Manuel représente encore une survivance de l’esprit du XIXème congrès, mais il a déjà subit l’influence Khrouchtchévienne.
L’histoire consiste à analyser et comprendre les documents dans leur contexte, et non comme des tablettes sacrées, dans un sens ou l’autre.
Pour le passage que vous citez, il est Chap 42.4, en fait. Relisez le et réfléchissez à ce que vous dites : « propriété d’état » et « propriété coopérative » sont, par définition deux types de propriété, et le sujet est le mode d’échange qu’elles ont entre elles, même « à l’intérieur » du système socialiste, ce qui a une importance sur l’évolution de celui-ci.
Le but du socialisme n’est pas d’agrandir la sphère de production marchande et de circulation marchande, mais de la réduire... Sauf pour des révisionnistes comme Khrouchtchev... et Mao !
Et tant qu’à faire, voici la réponse de Staline à Sanina et Venger, qui proposaient déjà, avant le XIXème congrès, de vendre les SMT :
« …conclusion : en proposant de vendre les S.M.T. aux kolkhozes, les camarades Sanina et Venger font un pas en arrière et essaient de faire tourner à rebours la roue de l’histoire. Admettons un instant que nous ayons accepté la proposition des camarades Sanina et Venger, et commencé à vendre en propre aux kolkhozes les principaux instruments de production, les stations de machines et de tracteurs. Qu’en résulterait-il ? Il en résulterait, premièrement, que les kolkhozes deviendraient propriétaires des principaux instruments de production, c’est-à-dire qu’ils se trouveraient placés dans une situation exceptionnelle qui n’est celle d’aucune entreprise dans notre pays, car, on le sait, les entreprises nationalisées elles-mêmes ne sont pas chez nous propriétaires des instruments de production. Comment pourrait-on justifier cette situation exceptionnelle des kolkhozes, par quelles considérations de progrès, de marche en avant ? Peut-on dire que cette situation contribuerait à élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale, qu’elle hâterait, le passage de notre société du socialisme au communisme ? Ne serait-il pas plus juste de dire que cette situation ne pourrait qu’éloigner la propriété kolkhozienne de la propriété nationale et aboutirait à nous éloigner du communisme, au lien de nous en rapprocher. Il en résulterait, deuxièmement, un élargissement de la sphère d’action de la circulation des marchandises qui entraînerait dans son orbite une quantité énorme d’instruments de production agricole. Qu’en pensent les camarades Sanina et Venger ? L’élargissement de la sphère de la circulation des marchandises Peut-il contribuer à notre avance vers le communisme ? Ne sera-t-il pas plus juste de dire qu’il ne peut que freiner notre avance vers le communisme ? L’erreur essentielle des camarades Sanina et Venger, c’est qu’ils ne comprennent pas le rôle et l’importance de la circulation des marchandises en régime socialiste ; ils ne comprennent pas que la circulation des marchandises est incompatible avec la perspective de passer du socialisme au communisme. Ils pensent sans doute que l’on peut, même sous le régime de la circulation des marchandises, passer du socialisme au communisme, que la circulation des marchandises ne peut en l’occurrence constituer un obstacle. C’est une grave erreur, qui part d’une incompréhension du marxisme. »
Et pour clore, encore un extrait du Manuel de 1955, pris dans le résumé du Chapitre 42, sur le sujet que vous évoquez :
« Dans la République populaire de Chine, il y a une économie à types multiples. Le secteur socialiste y occupe la place déterminante. Au secteur socialiste s’ajoutent des formes de coopératives qui reposent en partie sur le travail en commun et ont un caractère transitoire, semi-socialiste. Ensuite, il existe dans l’économie de la République populaire de Chine le secteur capitaliste privé de petite production marchande et le secteur capitaliste d’État. Le secteur de la petite production marchande, qui englobe les exploitations des paysans et des artisans, continue à occuper une place prédominante dans l’économie du pays. Le capital privé, qui se trouve sous le contrôle de l’État et qui est utilisé par le pouvoir de démocratie populaire pour accroître la production des marchandises industrielles, joue un rôle important dans l’industrie et le commerce de la Chine. De plus, les différentes formes du capitalisme d’État ont pris une grande extension. Les trois formes principales de l’économie sociale dans l’économie transitoire de la République populaire de Chine sont le socialisme, la petite production marchande et le capitalisme. »
Aujourd’hui, le « secteur d’état », en Chine, est complètement inféodé aux capitalistes financiers qui contrôlent le PCC et n’a évidemment plus rien de « socialiste »...
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/
Luniterre
12/09 21:50 - Luniterre
@quartiersauvage Concernant le Manuel, rappelez vous que Khrouchtchev est déjà au pouvoir (...)
12/09 20:30 - Luniterre
Sinon, pour le reste , il suffit de lire : "Par la suite, on a surtout retenu, en occident, (...)
12/09 19:59 - Luniterre
@quartiersauvage Avant de répondre à vos approximations et déformations historiques (...)
12/09 13:33 - quartiersauvage
Les photos présentent de façon tendancieuse des rapports conflictuels entre Staline et Mao et (...)
10/09 20:40 - Luniterre
@tf1Groupie A propos du « grand bond en avant » : Mieux en comprendre les causes et les (...)
10/09 20:21 - tf1Groupie
Je crois que l’auteur n’a toujours pas compris pourquoi le Grand bond en avant a (...)
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération