"-Seulement que faire d’individus que l’École, par commodité et/ou démagogie, a naufragés, au lieu de leur inculquer les règles minimales de vie en société à un âge où il est tout de même plus facile de le faire ? Qui peut bien en vouloir ? On comprend, dans ce contexte, que l’idée du CPE ait pu germer dans des esprits. Puisque l’École a failli, il s’est agi de donner à l’entreprise la possibilité de « dresser » une main d’œuvre , provisoirement inemployable, à la fois en la maintenant, deux ans durant, sous la menace quotidienne d’un renvoi sans motif à la moindre incartade, et en protégeant simultanément l’entreprise contre les dégâts que ces individus ont déjà provoqués à l’École. Vu sous cet angle, en dépit de son extrême rigueur, et de sa dérogation au Droit du Travail, le CPE pouvait être présenté comme une seconde chance pour ces individus.
- Seulement, ses auteurs ont commis l’erreur de vouloir l’étendre aussi à tous ces jeunes qui se sont investis dans leurs études et ont obtenu des diplômes. Ce n’était pas tolérable, puisqu’on soumettait au même régime dérogatoire injuste l’étudiant méritant et « la petite frappe ». Mais n’était-ce pas cette seconde cible que visaient de préférence les auteurs du CPE, pour parer à une seconde défaillance de l’École encore plus grave à leurs yeux : l’inflation des diplômés et par voie de conséquence leur dévaluation ? Il est connu qu’aujourd’hui, si le diplôme aide à trouver un emploi, il n’y suffit plus. Nombre de diplômés sont même conduits à accepter un poste de travail inférieur au niveau du diplôme détenu : on peut devenir facteur avec une licence d’histoire. Et il est tout aussi notoire que des employés sur-diplômés soumis à des supérieurs hiérarchiques qui ne le sont pas, créent des difficultés relationnelles dans l’entreprise : on retrouve le type de relation qui sévissait en caserne entre l’universitaire de 2ème classe et l’adjudant qui n’avait pas le Savoir mais le Pouvoir : « Dans quoi sont creusées les tranchées ? » demandait le gradé. « Dans la demi-heure qui suit l’arrivée sur le terrain ! » hurlait-il devant des universitaires muets et perplexes. Le CPE est apparu à ces petits malins comme un bon moyen de mettre au pas tous ces « sur-diplômés » potentiellement récalcitrants : car qui dit études, dit, en principe, développement de l’esprit critique et possible soumission non aveugle à l’autorité. C’est sans doute ce que, par-dessus tout, redoute, sans le dire, l’univers de l’entreprise. Mais, généralisé jusqu’à 26 ans, ce CPE présentait le mérite de ne surtout pas le dire, en ne faisant aucune discrimination, entre diplômés et incultes. C’est ce que certains appellent l’égalité !"
C’est bien cette analyse que j’ai fait depuis le lancement du CPE : tentative de rattrapage du ratage monumental de l’EN et parentale et qui m’a amené à le considérer comme un mal nécessaire. Il est tout à fait lamentable que cette mission de rattrapage doit échouer aux entreprises qui ont vraiment autre chose à faire à l’heure de la difficile lutte pour ne pas sombrer face à la concurrence mondialisée. Mais comme le « mammouth » semble intouchable, quoi faire d’autre ? Un service national quasi militaire de formation professionnel ? L’EN a pour moi une mission essentielle : une formation réaliste pour armer les jeunes à affronter les difficultés de la vie d’adulte. Donc formation professionnelle et citoyenne ont la même importance. Vu les événements de novembre et des dernières semaines, les différentes évaluations et critiques formulées ici ou là, force est de constater que l’EN ne semble pas à la hauteur. Qui aura le courage de s’attaquer enfin au problème de fond qui ronge notre société à savoir l’éducation (parentale ou nationale) et l’instruction (formation professionnelle et citoyenne) ?
29/04 13:04 - grattaculo
Ceci n’est pas une participation au débat. Je suis chômeur diplômé d’état. Cette (...)
21/04 00:08 - Renaud D.
Un lien pour comprendre l’évolution de la société ultra-libérale : Une génération à (...)
20/04 19:31 - paul villach
Je partage volontiers vos nuances. Mais convenez qu’aujourd’hui, les libéralistes (...)
20/04 19:16 - paul villach
Cette profession de foi libéraliste (car le mot libéral est trop beau pour être abandonné à (...)
20/04 18:03 - iguane39
Croire que l’entreprise est aux services de son personnel, c’est un doux rêve. Une (...)
19/04 00:03 - Xavier
Paul, Je ne suis pas d’accord avec vous sur toutes les questions soulevées par votre (...)
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