L’intervention de M. Hulot a au moins eu le mérite de remettre sur le tapis une donnée essentielle, que le monde politique s’obstine à ne pas regarder en face (à quelques rares exceptions près) : on va droit dans le mur avec notre mode actuel de consommation basé sur une exploitation débridée de ressources naturelles limitées.
Notre société, notre civilisation même, a-t-il rappelé, ne seront pas en mesure de résister à un changement climatique global et majeur qui nous attend, si nous ne remettons pas TOUS ENSEMBLE en cause, dés MAINTENANT, la manière dont nous nous déplaçons, la manière dont nous transportons nos marchandises et la manière dont nous produisons et consommons notre énergie (chauffage, éclairage, etc.). Contraindre à mieux isoler, à réduire les besoins énergétiques, faire payer à leur juste coût le transport routier sont des exemples de politique énergétique que je n’ai pas entendu ce soir-là dans la bouche de M. Sarkozy.
Ce n’est pas là une question de dogmatisme, de « triomphe idéologique », c’est une question de bon sens et de survie. Le courage politique n’est peut-être pas payant d’un point de vue électoraliste, mais il a tout intérêt à être présent après les élections (et on pourra alors appeler cela de la clairvoyance) et ce, quel que soit le vainqueur.
J’espère vraiment que M. Sarkozy ne s’est pas « laissé prendre », mais qu’il s’est intimement convaincu que s’il est élu, il a tout intérêt pour lui et pour son pays à mettre en oeuvre une politique ambitieuse dans le domaine environnemental (et qui a toutes les chances d’être génératrice d’emplois en passant).
J’espère vraiment que tous les candidats qui ont signé la charte de M. Hulot réalisent que celle-ci n’est qu’un avant-goût de ce qu’il faut prendre en compte d’urgence au vu de la gravité de la situation.