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Commentaire de Alren

sur Alain répond à Najat Vallaud-Belkacem


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Alren Alren 11 octobre 2016 15:48

@njama

Le français est une langue subtile et précise. Si l’on dit « travailler » au lieu « d’étudier » c’est pour mieux souligner le caractère actif de l’activité scolaire. « Étudier » est plus passif, proche « d’apprendre » ou simplement « lire ».

On « n’étudie » pas un problème de géométrie, on fait "travailler ses neurones" pour découvrir la démonstration qui va répondre à la question posée.

Pour en revenir à la pensée d’Alain sur l’Éducation, ce n’est pas lui faire injure que de dire qu’il néglige totalement la psychologie de l’étudiant dans sa pédagogie.

Pour lui l’apprenant est en quelque sorte totalement modelable comme une glaise sous la main d’un sculpteur ; ce qui bien entendu est faux, les émotions, les sentiments, les impressions sont permanentes chez les élèves.

C’est pourquoi il néglige l’essentiel, le préalable indispensable pour un savoir ou une capacité solides, durables : créer ou utiliser la MOTIVATION À ACQUÉRIR UNE CONNAISSANCE OU UNE NOUVELLE CAPACITÉ INTELLECTUELLE.

Sans motivation, l’apprentissage est vraiment un travail, un travail forcé, désagréable, comme pour une sanction pénale.

Le plus souvent, en sortant du système éducatif, l’ancien élève se débarrasse de ces savoirs contraints. C’est du temps perdu, de l’argent dépensé pour rien. Car ce rejet est dommageable au sujet autant qu’à la société.

Je me souviens d’une idée d’Alain qui disait en substance : « Quand je pénètre dans une classe, que le maître est muet et que les élèves lisent, alors tout va bien. »

Il ne pose encore pas la question essentielle : que lisent-ils ?

Visiblement, il s’agit dans sa pensée d’un roman, pas d’un texte de science, d’histoire, de géographie bref pas d’un texte de savoir, mais simplement de la littérature, de l’imaginaire.

En outre le comportement imposé aux élèves est passif. Sans compter que si le texte est imposé par le maître (il faut bien qu’il serve à quelque chose !) certains lecteurs forcés ne doivent pas l’apprécier.

De plus, si une discussion sur le texte n’est pas organisée en fin de lecture (elle ne peut pas durer toute la période de classe) avec la possibilité pour les élèves de poser des questions (réflexions actives) ils n’auront rien appris, en ce sens qu’ils n’auront pas été changés en mieux, sauf pour l’orthographe des mots qu’ils assimilent sans s’en rendre compte.

Alain est à un extrême de la pensée pédagogique tout comme les concepteurs des programmes du ministère de l’Éducation nationale sont à l’autre extrême, c’est-à-dire sans intérêt pratique pour les enseignants d’aujourd’hui sur le terrain.


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