@njama
Le français est une
langue subtile et précise. Si l’on dit « travailler » au
lieu « d’étudier » c’est pour mieux souligner le caractère
actif de l’activité scolaire. « Étudier » est plus passif,
proche « d’apprendre » ou simplement « lire ».
On « n’étudie »
pas un problème de géométrie, on fait "travailler ses
neurones" pour découvrir la démonstration qui va répondre à
la question posée.
Pour en revenir à
la pensée d’Alain sur l’Éducation, ce n’est pas lui faire injure
que de dire qu’il néglige totalement la psychologie de
l’étudiant dans sa pédagogie.
Pour lui l’apprenant
est en quelque sorte totalement modelable comme une glaise sous la
main d’un sculpteur ; ce qui bien entendu est faux, les émotions, les
sentiments, les impressions sont permanentes chez les élèves.
C’est pourquoi il
néglige l’essentiel, le préalable indispensable pour un savoir ou
une capacité solides, durables : créer ou utiliser la MOTIVATION À
ACQUÉRIR UNE CONNAISSANCE OU UNE NOUVELLE CAPACITÉ INTELLECTUELLE.
Sans motivation,
l’apprentissage est vraiment un travail, un travail forcé,
désagréable, comme pour une sanction pénale.
Le plus souvent, en
sortant du système éducatif, l’ancien élève se débarrasse de ces
savoirs contraints. C’est du temps perdu, de l’argent dépensé pour
rien. Car ce rejet est dommageable au sujet autant qu’à la société.
Je me souviens d’une
idée d’Alain qui disait en substance : « Quand je pénètre dans une
classe, que le maître est muet et que les élèves lisent, alors
tout va bien. »
Il
ne pose encore pas
la question essentielle : que lisent-ils ?
Visiblement, il
s’agit dans sa pensée d’un roman, pas d’un texte de science,
d’histoire, de géographie bref pas d’un texte de savoir, mais
simplement de la littérature, de l’imaginaire.
En outre le
comportement imposé aux élèves est passif. Sans compter que si le
texte est imposé par le maître (il faut bien qu’il serve à quelque
chose !) certains lecteurs forcés ne doivent pas l’apprécier.
De plus, si une
discussion sur le texte n’est pas organisée en fin de lecture (elle
ne peut pas durer toute la période de classe) avec la possibilité
pour les élèves de poser des questions (réflexions actives) ils
n’auront rien appris, en ce sens qu’ils n’auront pas été changés
en mieux, sauf pour l’orthographe des mots qu’ils assimilent sans
s’en rendre compte.
Alain est à un
extrême de la pensée pédagogique tout comme les concepteurs des
programmes du ministère de l’Éducation nationale sont à l’autre
extrême, c’est-à-dire sans intérêt pratique pour les enseignants
d’aujourd’hui sur le terrain.