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Commentaire de Milla

sur L'extrême-droite en état d'agitation extrême


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Milla (---.---.247.183) 24 octobre 2016 17:44

Ces Juifs qui votent Le Pen

Le quotidien israélien Ha’Aretz se penche sur le cas de Juifs qui ont voté Marine Le Pen le 22 avril, oublieux de l’histoire du Front national. Pour eux, qui restent minoritaires, le parti d’extrême droite est le plus à même de les défendre – face à l’islam, en particulier. Des militants FN brandissent des affiches lord d’une meeting. Il y a quelques années, Michel Thooris, un ancien officier de police, travaillait encore avec le BNVCA [Burean national de vigilance contre l’antisémitisme]* et l’aidait dans ses actions de riposte contre l’antisémitisme. Aujourd’hui, il est en lice pour siéger à l’Assemblée nationale française sous les couleurs du Front national (dans la huitième circonscription des Français de l’étranger) et il ne voit pas de contradiction entre l’un et l’autre de ses engagements.

Marine Le Pen, la dirigeante du parti d’extrême droite, a obtenu près de 18 % des suffrages exprimés lors du premier tour de l’élection présidentielle en menant campagne contre l’immigration, les étrangers et les musulmans. Pour le second tour, organisé le 6 mai, ce sont ses partisans qui feront la différence, et sa popularité a d’ores et déjà poussé le président sortant Nicolas Sarkozy à adopter des positions extrémistes contre les immigrés, dans l’espoir de récupérer ses voix.

“Ne comptez pas sur moi pour vous expliquer ce qui se dit parmi les dirigeants du BNVCA, mais ce que je pense, c’est qu’il est naturel de se tourner vers Marine Le Pen quand on est juif. Elle lutte contre la criminalité et contre l’islam, ce qui signifie qu’elle défend les Juifs”, explique Michel Thooris à Ha’Aretz.

Il n’y a pas si longtemps, la communauté juive, sans exception aucune, condamnait les partisans de Le Pen comme Jean-Richard Sulzer [membre de l’équipe de campagne de Marine Le Pen], qui a longtemps travaillé pour le compte de la famille Le Pen. “C’était un professeur respecté, mais quand il a choisi Le Pen, sa femme l’a quitté”, explique un dirigeant communautaire. Désormais, pour les nouveaux partisans du Front national, la situation semble nettement moins problématique.

“L’attitude de nos gens a changé tout simplement parce que le Front national a changé”, affirme Michel Thooris. “Marine Le Pen a exprimé l’horreur que lui inspirait la Shoah et les Juifs le savent.” Un autre partisan de Le Pen, Michel Ciardi, qui a créé un groupe de soutien, explique cependant que sa famille refuse de la soutenir. “Mes enfants me disent qu’ils ne partagent pas mes vues, mais je ne partage pas davantage les leurs”, assène Ciardi. Son groupe de soutien s’appelle l’Union des Français juifs (UFJ) et Ciardi insiste pour que le mot “français” soit prononcé avant celui de “juifs”, au contraire de la plupart des autres organisations juives de France.

“J’ai fondé l’UFJ il y a maintenant six mois, après avoir rencontré Marine Le Pen, explique Michel Ciardi. J’avais été invité à dîner en sa compagnie chez une connaissance juive et elle m’a fortement impressionné. Elle m’a expliqué qu’il était important que nous fassions partie, en tant que Juifs, du Front national. Les Juifs qui ont décidé de soutenir Le Pen montrent aux racistes qui militent au Front national qu’ils doivent désormais s’y faire.”


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