Une référence célèbre et même culturelle, particulièrement en France, permettant de se figurer le consensus implicite et sous-entendu par lequel le mot ’démocratie’ arrive encore à séduire des Français, est certainement le fameux "Contrat social’ de JJ Rousseau.
A moins qu’il ne soit prouvé que cette œuvre soit notoirement et globalement déclassée aujourd’hui dans l’opinion et les convictions actuelles des Français d’aujourd’hui, serait-il alors exagéré de se référer, de façon bien plus ciblée encore, à ce court passage tiré de ce classique mondial :
citation : « Du contrat social » de Jean-Jacques Rousseau
Livre II Chapitre 2.3 Si la volonté générale peut errer
- ’Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n’avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne.
- Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l’État : on peut dire alors qu’il n’y a plus autant de votants que d’hommes, mais seulement autant que d’associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général.
Enfin quand une de ces associations est si grande qu’elle l’emporte sur toutes les autres, vous n’avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique ; alors il n’y a plus de volonté générale, et l’avis qui l’emporte n’est qu’un avis particulier.’
Si l’on reconnaît cette intuition-interprétation du théorème du jury, mathématiquement prouvé par Condorcet, comment ne pas voir alors que cela range le principe des primaires au rang de lapsus révélateur d’anti-démocratie.
Et comment continuer à veauter en refusant toute remise en question des actuels stratagèmes de légitimation qui nous restent abusivement infligés ?!