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Commentaire de lermontov

sur Pourquoi un débat identitaire sélectif, en France ?


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kalachnikov lermontov 18 janvier 2017 15:30

Bon article. Cependant...

...Vous incriminez beaucoup la Gauche, laquelle selon vous aurait fait le lit de l’extrémisme. Rien n’est plus faux, pourtant, ce n’est pas la Gauche, mais le libéralisme, une idéologie qui a justement mis fin au clivage droite-gauche et le transcende. On incrimine faussement la Gauche parce que traditionnellement la Gauche était progressiste tandis que la Droite était réactionnaire concernant les questions de société (peine de mort, notion de famille, avortement, droit de vote aux immigrés, etc).
La mort de la Gauche est survenue en 1983 avec ce que l’on a appelé ’le tournant de la rigueur’ mais qui est de fait l’abandon de toute politique de gauche ; ce sera dès lors la liberté du marché, l’aventure suicidaire européenne qui prend un tour d’accélérateur, le renoncement à la singularité qui ne pouvait entraîner qu’abandon de la souveraineté, etc. On peut penser ce que l’on veut du personnage de Mitterrand mais c’est le dernier qui a tenté, les deux premières années de son mandat, une politique de justice sociale, amenant des acquis sociaux (baisse du temps hebdomadaire du temps de travail, 5 eme semaine de congés, hausse du smic, etc) . Mitterrand, et sa femme Danièle, ont donné les clefs de ce tournant de la rigueur : attaquée, la France a dû capituler. Il faut se souvenir de la phrase de Mitterrand : ’Les Français ne le savent pas mais nous sommes en guerre’, etc, où il incrimine les Usa, émettant un jugement très négatif à leur endroit.
Bref, partant de là, il ne pouvait plus y avoir de Droite et de Gauche, le Marché avait triomphé. Le peuple lui est demeuré dans l’illusion, jusqu’à aujourd’hui ; mais les élites, elles, ont pris acte de ce fait : il est désormais impossible d’être de gauche, c’est-à-dire de mener une politique de justice sociale. Conséquemment, et tout ce qui est arrivé depuis 83 le démontre, ils mènent une même politique, laquelle leur est dictée, et s’écharpent sur les questions sociétales (le revenu universel, le mariage pour tous, la légalisation du cannabis), ce qui maintient l’illusion d’un clivage gauche/droite, etc.

Voilà pour le contexte.

Le libéralisme, en plus de l’économie, irrigue la société tout entière. Cela donne une société où ’tout est permis, on s’en fout’, une société de la démission et de la lâcheté. Pour bien saisir ce que c’est, je recommande les écrits de La Baudruche (ex Victor). Il y a des salafistes en banlieue ? ’Je’ s’en fout, chacun fait qu’est ce qu’il veut. Il y a un afflux migratoire ? ’Je’ est bien entendu pour les accueillir, et même toute la misère du monde, ’oh, les pauvres, ça n’est pas humain, ça, mais à la condition de ne pas avoir de camps ou d’accueil dans son local, il ne faut pas pousser. Et la société française n’est plus que ça : en l’espace de trente ans, elle s’est transformé en un agrégat artificiel d’égoïsmes, 66 millions à cette heure, une société où le seul ciment collectif est la lâcheté et le jouir.

Suivant tout ce que je viens d’écrire, je suis en désaccord avec votre incrimination des gens des quartiers, trop complaisants, etc. A mon sens, les territoires perdus de la République l’ont été par indifférence, chacun prenant sa place dans la compétition généralisée entre individus et savourant les récompenses égoïstes.

En règlant son compte à cette mythologie du ’la faute à la gauche’, vous auriez ainsi dû remarquer que dans la catégorie suce-boules des émirs qataris ou saoudiens qui effectivement se livrent à un prosélytisme infernal, vous avez des gens comme Sarkozy. Ou bien ceux-là, êtes vous certains qu’ils sont de gauche ?

http://www2.assemblee-nationale.fr/instances/fiche/OMC_PO675836

Non, mais tous bien sûr sont libéraux, pour la belle Ue de merde, l’amitié indéfectible avec la Finance, la prosternation devant le dieu Marché, etc. Ils s’asticotent sur l’accessoire mais pour le noyau, c’est la m^me idéologie. et ils savent se retrouver pour les grandes occasions genre le Congrès légalisant la forfaiture Traité de Lisbonne de Sarkozy.

La raison pour laquelle le politique se prostitue aux émirs est le pétrole ; ce n’est pas la corruption, s’il y a corruption elle n’est que conséquence. Il ne faut pas se leurrer ; nous n’avons pas cette ressource du pétrole, - nous n’avons même plus d’idées ! -, alors que notre économie repose sur elle, il est donc crucial que nous l’obtenions. C’est pour cela aussi qu’on part à l’aventure en maints endroits exporter soi-disant la démocratie.

Et il se passe très précisément ceci :

"Avec l’aide du financement des exportations pétrolières (et d’autres facteurs), le mouvement a connu une « croissance explosive » commençant dans les années 1970 et a, actuellement, une influence dans le monde entier.

[...] Les estimations des dépenses de l’Arabie saoudite en faveur des causes religieuses à l’étranger représentent « plus de 100 milliards de dollars », entre 2 et 3 milliards de dollars par an depuis 1975 (à comparer au budget annuel de la propagande soviétique de 1 milliard de dollars par an) et « au moins 87 milliards de dollars » sur la période 1987-2007. Depuis la révolution iranienne de 1979, l’historien britannique Charles Allen estime, quant à lui, que les autorités saoudiennes ont consacré plus de 70 milliards de dollars à la diffusion de leur idéologie.

Ses largesses ont financé environ « 90 % de l’ensemble des dépenses religieuses », à travers le monde musulman, selon le journaliste Dawoud al-Shirian. Cela va des plus jeunes aux plus âgés, depuis les enfants dans les madrasas jusqu’aux bourses d’études doctorales. « Des livres, des bourses d’études, des fraternités étudiantes, des mosquées » (par exemple, « plus de 1 500 mosquées ont été construites à partir de fonds publics saoudiens au cours des 50 dernières années ») ont été financées ces fonds ont été alloués à des journalistes et des universitaires, qui ont suivi et ont construit des campus satellites autour de l’Égypte pour Al Azhar, l’université islamique la plus ancienne et la plus influente. Yahya Birt a comptabilisé « 1 500 mosquées, 210 centres islamiques et des douzaines d’académies et écoles musulmanes ».

Cette aide financière a grandement contribué à submerger les interprétations locales moins strictes de l’Islam, selon les observateurs tels que Dawood al-Shirian et Lee Kuan Yew, et a conduit à ce que l’interprétation saoudienne (parfois appelée « pétro-Islam ») soit perçue comme l’interprétation correcte - ou l’« étalon-or » de l’islam - dans l’esprit de nombreux musulmans."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wahhabisme

Autrement dit, le véritable financeur du terrorisme, c’est l’individu lambda, certainement pas près de laisser sa bagnole et donc implicitement encourageant ses politiques à toutes les saloperies, du moment qu’elles restent derrière des paravents vertueux (exporter la démocratie, par exemple, lécher les boules d’assassins), parce que de facto il paie une sorte d’impôt wahhabite caché chaque fois qu’il fait le plein.


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