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Commentaire de Christian Labrune

sur Palestine-Israël : Deux Etats utopiques ou un Etat de tous ses citoyens


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Christian Labrune Christian Labrune 19 janvier 2017 23:29

@jadevo
L’oeuvre de Taguieff est énorme, et je n’ai pas une passion démesurée pour la sociologie. Je suis donc bien éloigné d’avoir tout lu. Vos remarques viennent de me conduire à consulter l’article de Wikipedia qui lui est consacré et je vous le recommande. Vous constaterez aisément que ses ennemis - car il en a ! - sont surtout des bien-pensants, des gens que ses positions dérangent, comme ce Lindemann qui l’avait rangé - ce qui l’honore !- dans sa liste noire des « nouveaux réactionnaires » où il se trouve, du reste, en fort bonne compagnie. Bref, si Taguieff est un parfait salaud, j’en suis un aussi. Je ne vois rien en effet dans ce qu’on lui reproche qui ne soit misérable ou con, et il serait difficile de faire d’un type qui aura passé sa vie à étudier les différentes formes de racismes et à lutter contre, un chantre des thèses de l’extrême droite !
Il aurait mieux valu que vous me disiez quel bouquin de cet auteur vous paraissait devoir être incriminé. J’ai échangé quelques idées avec vous, j’ai contesté certains de vos propos, mais je ne vous ai pas jeté d’emblée dans l’une des boîtes à épices de la cuisine idéologique.

Vous contestez ce que je vous écrivais à propos du Mont du Temple. Il serait très facile de retourner votre argumentation comme une crêpe : quelle légitimité les « Palestiniens », qui n’ont jamais constitué un peuple à part entière, auraient-ils à occuper le terrain, et particulièrement Jérusalem où ils n’ont jamais été majoritaires ? Est-ce qu’on se serait jamais emparé de leur état ? Il y a bien eu une « reine de Palestine », au temps de Titus, mais elle s’appelait Bérénice, désireuse d’imiter dans une époque difficile, et sans trop de succès, les grandes héroïnes de la bible hébraïque. En tout cas, elle n’était pas arabe. Et c’est au VIIe siècle, au temps d’Omar, que la civilisation arabo-musulmane naissante colonise cette région et commence à y édifier des mosquées, tout à la fin du siècle.
C’est quoi la « Palestine », avant la guerre de 14 et la déclaration Balfour ? Une monarchie ? Une république ? Rien de tout cela : un simple diverticule, et des plus misérables économiquement, d’un Empire Ottoman en pleine décomposition, où sont installés des descendants des Juifs qui sont restés là depuis des millénaires, des Arabes musulmans, des Druzes, des Bédouins, quelques chrétiens. Quand les sionistes ont commencé à arriver en Palestine pour y acheter des terres, tout le monde était fort content. Les Anglais se disaient que ceux-ci allaient pouvoir, rompant avec une économie pastorale misérable qui avait prévalu jusque là, réaliser ce qu’on appellerait aujourd’hui un décollage économique. L’intelligentsia et beaucoup de politiques en Egypte, pensaient exactement la même chose, et le bouquin de Mathias Küntzel (Jihad et haine des Juifs) fait le point très longuement sur cette question. Le pays était beaucoup moins peuplé qu’aujourd’hui et il y avait suffisamment de place pour tout le monde.
Les choses ont commencé à se gâter après que les Anglais eurent fait pression sur les musulmans pour qu’ils choisissent, en remplacement du mufti de Jérusalem mort en 21 son demi-frère Mohammed Amin-al Husseini auquel ils étaient hostiles. Erreur politique monumentale : le bonhomme détestait les Anglais et plus encore les Juifs. La suite est connue : le mufti, après avoir encouragé toutes les exactions possibles contre les sionistes, très bien aidé dans le courant des années 30 par les Frères musulmans que soutenait l’Allemagne nazie, se réfugiera à Berlin pour presser Hitler d’étendre à la Palestine la solution finale.
On n’est toujours pas sorti de cette logique.
Si on résume la situation
- Les Israéliens ont toujours été disposés à négocier un partage. S’ils récupèrent demain une pleine souveraineté sur la Judée et la Samarie (fin de la solution à deux états dont l’expérience de Gaza aura prouvé l’impossibilité), ils n’en chasseront évidemment pas les Arabes.
 -les Palestiniens veulent une Palestine qui s’étende de Haïfa à Eilat, et « Judenrein ». C’est un pur délire. Ils voudraient - et ils ne sont pas les seuls - que tous les Juifs disparaissent, mais ces derniers sont d’une mauvaise volonté si inhumaine que depuis des millénaires, et malgré bien des vicissitudes ils refusent de disparaître. Ce n’est pas demain qu’ils changeront.

Vous devriez réfléchir sur cette question très intéressante :Il y avait au Maroc à peu près deux cent cinquante mille Juifs au lendemain de la guerre quarante. Ils sont actuellement entre trois et cinq mille.
Combien y avait-il de d’Arabes en Israël, au début des années cinquante ? Ils étaient 900 000 dans la Palestine mandataire. Beaucoup sont partis pendant la guerre de 48, se promettant de revenir dès que les armées arabes auraient fini le nettoyage ethnique. 250 mille sont restés sur place et devenus citoyens israéliens. Combien sont-ils aujourd’hui ? Près d’un million huit cent mille. Ils représentent 20% de la population totale. Si on compare, en pourcentage, l’évolution des deux minorités : les Juifs au Maroc et les Arabes en Israêl, la « diminution » de la population arabe en Israël est-elle équivalente, du fait des persécutions, du génocide (!), et de toute sorte de mauvais traitements dus à l« apartheid », à celle qui a pu s’observer au Maroc ? Et Pourquoi une telle différence ?


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