@JL
« Vous appelez ça la gauche ? »
L’idéologie dominante libérale-libertaire appelle ça un progrès, stricto sensu. Au sens, comme je l’ai déjà dit, du dépassement d’un ordre ancien et conservateur sur le plan de la morale et des moeurs.
Mois j’y vois plutôt une régression, mais il est vrai que je ne suis pas libéral. La même idéologie me qualifierait même aisément de réactionnaire, et qui est tout à fait salvateur, selon moi, dans le contexte actuel de marche irréfrénée vers la modernité technicienne, elle authentiquement dépourvue de moralité.
Comme Michéa le fait à juste raison remarquer : le libéralisme philosophique, qui chapeaute ses déclinaisons économique et sociétale (ce que beaucoup refusent de comprendre, surtout à « gauche »), institue une société axiologiquement neutre sur le plan des valeurs. Ce n’est pas sans conséquence.
Votre problème est le suivant : vous confondez la « gauche » avec le socialisme. Mais historiquement en France (et là encore Michéa le met très bien en évidence) il y a eu une dichotomie, une césure entre ces deux notions.
Ce que vous appelez la gauche, Michéa démontre qu’elle fut pendant la troisième République (en particulier à partir de l’affaire Dreyfus, qui marque une rupture idéologique selon lui) une émanation de la bourgeoisie éclairée, libérale dans toute son acception, prenant parfois, sinon souvent, des positions antagonistes avec le mouvement syndical et ouvrier, incarnant lui les véritables aspirations socialistes.
Ainsi je vous inviterai pour le coup à marquer un réel « progrès » en dépassant ces faux clivages et ces fausses catégories (gauche/droite), en réintroduisant les notions de social et de national par la même occasion. Ou de national et de social si vous le voulez. Attention, nous marchons ici sur des oeufs...