Bonsoir, Graal
En 2015, j’ai moi-même écrit un article en cinq
points sur la météo. Intitulé « Météo :
les errements de la grenouille », il y était bien entendu
question du fameux « ressenti »
qui vous irrite le poil à juste titre. Voilà ce qu’écrivais alors sur cet effet
de mode, justifié dans les grands espaces canadiens ou en haute montagne, mais
plutôt ridicule dans nos régions de plaine :
« Tertio. Restons sur
les températures pour aborder la question du « ressenti ». La
belle invention que voilà ! Naguère, les prévisionnistes se contentaient
d’informer les quidams de la température sous abri. Mais c’était apparemment
compter sans l’abyssale sottise des auditeurs et des téléspectateurs, autrement
dit vous et moi. Car il va de soi que ni vous, ni moi, ni quiconque, ne sommes
capables de comprendre, sans l’aide de ces messieurs et dames les
prévisionnistes, que les effets d’un petit vent frisquet venu du nord, genre
autan, bise, mistral ou tramontane, est de nature à modifier défavorablement le
« ressenti » des températures
du jour relevées sous abri. Mais si le vent modifie la sensation, il en va de
même avec le soleil ou le taux d’humidité ambiante. Or, jamais les
prévisionnistes ne mettent en garde contre les effets de l’astre solaire sur
notre « ressenti », pas plus que sur ceux d’un fond de l’air
particulièrement humide. Dès lors, comment se vêtir si l’on doit affronter les
conditions météorologiques du jour, ici dans une rue protégée du vent et
généreusement exposée au soleil dans une ambiance particulièrement sèche, là
dans une rue à l’ombre soumise à de déplaisants courants d’air aux effets
accentués par une redoutable humidité ? »
Vous l’avez
compris, je partage pleinement votre irritation.