Les élèves jusque dans les années soixante, où une flatterie médiatique appuyée de l’adolescence et la hausse du niveau de vie généralisée, plus une (encore séduisante) américanisation ont commencé à perturber les potaches, avaient, comme partout ailleurs, des problèmes de pauvreté matérielle, de taloches parentales, de trajet scolaire, de familles « décomposées » ou trop présentes (père mort à la guerre ou alcoolo, mère au foyer un peu harpie parfois, frères et soeurs envahissants).
Ils pouvaient être 50 par classe et pas mal turbulents à la récré, voire méchants. Mais ils passaient leur certificat d’études primaires (assez pointu) en sachant lire couramment, leur grammaire et leur orthographe, l’arithmétique de base avec problèmes de logique, leur histoire de France et un peu d’Europe, la géographie de base du monde et de leur pays, les éléments des sciences naturelles. Ou partaient en apprentissage d’un bon métier.
Ils respectaient le maître d’école, car il aurait pu leur en cuire autrement. Parents et direction appuyaient le maître en ce sens, du moins dans le secteur public. Le maître n’hésitait pas à donner quelques claques si nécessaire, ou à déléguer ces claques aux parents, qui y allaient de bon coeur.
Ils étaient habitués à la récompense et à la punition, en fonction de leur comportement.
Et surtout les élèves étaient de la même culture européenne, facteur de cohésion, ne remettaient pas en question leur lignée, et n’avaient pas la télé, ni de téléphone portable, facteurs d’abrutissement individuel et collectif.
Ils étaient capables d’étudier seuls, en bibliothèque, à la maison, de se passionner pour un album ou un livre, de s’isoler, condition indépassable pour apprendre dans les livres. De jouer des heures à l’extérieur, libres, bruyants, dans leur propre monde bourré de références culturelles.
Je confirme que le métier de prof est devenu quasiment dégradant, sauf pour des personnes déjà dégradées intellectuellement et moralement qui peuvent y trouver leur compte.
Certains élèves au niveau lycée préfèrent abandonner l’école et tout apprendre sur Internet où il y a des cours vidéo merveilleusement bien faits.