Le Portugal a eu un gouvernement de Droite, qui est allé bien plus loin dans l’austérité que le mémorandum de la Troïka.
Lui a succédé, depuis 1 ans 1/2, un gouvernement d’une partie du PS qui , pour sauver sa peau, s’est alliée à un Parti de la Gauche européenne, le Bloc de Gauche appelé Esquerda. Ce gouvernement a refusé l’austérité et a compensé ce que le gouvernement précédent avait détruit, au moins en partie, sur les salaires, le temps de travail et les pensions de retraite etc.
« Portugal : une fin de l’austérité en trompe l’oeil », par un membre du Bureau politique d’ Esquerda et prof à la Sorbonne. Tout l’entretien est intéressant, car il montre les limites de ce que peut faire un gouvernement dans le domaine social, en restant dans l’ UE & l’euro : pas grand chose.
Deux phrases intéressantes :
" ...je dirai très fermement non, on ne peut pas se débarrasser de l’austérité en agissant dans le cadre des institutions européennes,
car les traités européens – Traité de Maastricht, Pacte de Stabilité et
à un degré supérieur dans l’escalade, le TSCG –, en soumettant les
politiques publiques des pays à l’atteinte d’objectifs financiers de
déficit et de dette, ont figé l’austérité en lui donnant un caractère
perpétuel. Si un Etat veut procéder à des investissements et que leur
financement met en cause le respect du ratio dette publique/PIB, il ne
pourra le faire sans enfreindre les traités et s’exposer à des
sanctions. De même, la décision d’embauche de nouveaux fonctionnaires,
en pesant sur les dépenses publiques, se heurte sans cesse à
l’obligation de respecter la barrière des 3% de déficit public et ce
d’autant plus que l’on sera en période de crise ou de faible croissance,
caractérisées par la chute des recettes fiscales…« (...)
» (...)
Une chose est sûre : s’il devait être confronté à une situation
semblable à ce qui fut celle du gouvernement grec à l’été 2015, le Bloco
de Esquerda ne capitulerait pas : plutôt que de céder au chantage de l’Europe, il quitterait l’Europe. Notre mot d’ordre est d’ailleurs « plus aucun sacrifice pour l’euro ». (...) Ces deux phrases confirment ce que l’ UPR explique depuis 10 ans, et elles viennent d’un membre de la Gauche radicale portugaise au pouvoir.