Bonjour Monsieur.
Vous idéalisez la guerre d’indépendance (justifiée) de l’Algérie.
Compréhensible et normal, si l’on comprend les frustrations,
les sacrifices et le poids insoutenable de cette histoire violente subit par la
population du pays.
Je suis de la génération de ces pacificateurs de 18 ans –
ouvriers, mécaniciens, fondeurs, plombiers, serruriers, comptables, manœuvres…
enrôlés dans l’armée française pour mener à bien une opération de police et de maintien
de l’ordre.
Un souffle au cœur m’empêcha de participer à ces vivifiantes
promenades de plein air dans le djebel.
D’autres, j’en connais beaucoup, voire même dans ma famille,
n’en ont pas gardé de souvenirs réjouissants.
Une constante entendue lors de mes questionnements, un leitmotiv,
une rengaine ressassée à l’envi par l’immense majorité de ceux qui allaient ou revenaient :
« mais qu’est-ce que l’on est allés f…… là-bas ! ». Le sentiment
majoritaire de la population métropolitaine était qu’il fallait en finir et
partir d’Algérie.
J’ai lu des rayons de livres sur ce conflit, de la campagne
d’Égypte de Bonaparte ; aux pirateries barbaresques, aux violences des
militaires de l’époque et d’après ; aux buts avoués du Prince de Polignac ; à l’établissement
des premiers colons,... et dans la Mitidja aux établissements idéalistes et
utopiques des apôtres saint-simoniens et proudhoniens… Bien entendu Yves
Courrières, mais aussi cette admirable Madame Tillion…, et d’autres sur la
résistance algérienne écrite par des combattants du FLN.
Je croyais avoir épuisé
le sujet !
Mais il y a peu, j’ai cru comprendre que le Général de
Gaulle sonna la fin du conflit pour deux raisons.
Le plan comptable de 1947 modifié 1957 : l’Algérie
rapportait moins qu’on ne le pensait, donc inutile de continuer ; ensuite :
la bombe atomique. Les colonies n’étaient plus une affirmation de puissance
comme au XIXe siècle, cet engin une fois expérimenté replaçait le pays comme
puissance internationale.
L’explication est lapidaire.
Les événements, les sacrifices et les ressentiments qui
courent encore aujourd’hui de part et d’autre de Mare Nostrum sont abondants.
Sincères condoléances pour Monsieur Rheda Malek.