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Commentaire de Elliot

sur Le régionalisme, dernier rempart contre le mondialisme ?


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Elliot Elliot 8 décembre 2017 15:26

Je vais apporter ma pierre à la discussion en évoquanrt le problème que je connais le mieux : la forte poussée centrifuge qui disloque la Belgique.

Posons comme préalable de départ que cet état est une création artificielle visant à soustraire des territoires acquis aux idéaux de la révolution française à l’influence de la France pour créer ( c’était la volonté de l’Angleterre ) un état tampon sous forme de monarchie dévolue à une parentèle lointaine de la couronne britannique et non comme l’aurait souhaité la bourgeoisie francophone à une personnalité liée à la couronne de France.

Après la défaite napoléonienne les territoires belges furent rattachés à la couronne d’Orange-Nassau régnant sur les Pays-Bas.

Cette main-mise néerlandophone sur des régions dominées économiquement par une bourgeoisie francophone ne s’effectua pas de manière fort harmonieuse, ce qui conduisit à la révolution de 1830 qui s’acheva sur l’indépendance des provinces occidentales.
Une grande partie des révolutionnaires avaient pour objectif le retour à la France (même si la chose est tue dans l’histoire officielle), ce qui était impossible en raison de l’hostilité de la couronne britannique.
Le français, langue des classes dominantes, devint la langue officieuse : les patois qu’ils soient romans ou germaniques étaient les idiomes du petit peuple. Dans les collèges et les Universités , l’instruction se faisait dorénavant en français.

La guerre 14-18 où les conscrits néerlandophones comprenaient à peine les ordres qui leur étaient donnés en français, langue de la hiérarchie militaire, a servi de catalyseur aux revendications régionalistes préexistantes du Nord du pays.

Contrairement à l’effort d’unification linguistique qui fut imposé en France, la Belgique se singularisa par son patchwork linguistique : le français restait la langue des maîtres et des lettrés, le flamand celle des domestiques.

D’où l’énorme frustration qui fut exploitée par le mouvement national flamand qui connut son paroxysme dans la collaboration des élites flamingantes avec l’occupant nazi.

Il y avait là comme un parfum de revanche qui a survécu à l’épuration et les revendications d’amnistie pour les collaborateurs ont nourri jusqu’à la fin des trente Glorieuses un mouvement qui a réussi à phagocyter la revendication fédéraliste portée en vain par la Wallonie à l’époque de sa splendeur pour la finaliser à l’avantage de la Fandre.

Aujourd’hui le parti flamand le plus important, la NVA, est d’essence indépendantiste, il participe au gouvernement de la Belgique qu’il influence profondément : ce gouvernement est ultra-minoritaire en Wallonie qui n’est représentée à cet échelon que par son aile la plus opportuniste et la plus apte de ce fait à avaler les couleuvres.

Tous les jours la Belgique se disloque un peu plus.
Un détail qui a son importance pour le démontrer : le feuilleton d’un grand stade national à Bruxelles ébauché il y a 20 ou 30 ans qui était destiné à accueillir l’un ou l’autre match de l’Euro 2020 de foot n’a jamais pu être concrétisé en raison de la multiplicité des intervenants et de l’hostilité du parti dominant en Flandre donc en Belgique qui a réduit à néant tous les espoirs. On peut considéré cela comme futile, inapproprié mais ce ne sont pas les raisons qui ont présidé à son enterrement.

La régionalisation est en Belgique un fait mais elle est boiteuse car la Flandre conserve au niveau central tout ce qui peut encore favoriser les moyens de son émancipation, moyens qui sont comptés chichement pour l’entité wallonne, elle-même gouvernée par des partis qui pensent plus à leur propre confort qu’au bien-être des citoyens dont ils ont la charge.


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