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Commentaire de C’est Nabum

sur Je vois la vie en prose


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C'est Nabum C’est Nabum 25 janvier 2018 13:56

@Mélusine ou la Robe de Saphir.

Mon double « JE »


Devant et derrière l’écran, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre ! Moi et l’autre jouent à un jeu de cache-cache où il est bien difficile de savoir qui est qui. L’écran impavide renvoie un reflet où ni l’un ni l’autre ne se reconnaît vraiment. La toile impose un voile, une voile plutôt, qui se gonfle pour surfer sur la vague. C’était hier mais aujourd’hui la scène fixe désormais un personnage qui rompt les amarres et dérive au gré des circonstances. De l’imbrication de ces deux instances, surgit le trouble et la confusion

Mon double est-il moi-même ? Un pseudonyme en impose-t-il à celui qui a créé un nom puis un personnage ? La schizophrénie menace-t-elle nécessairement l’auteur de ces billets ou des prestations publiques ? Lequel des deux se venge en rendant la monnaie de sa détresse à l’autre ?

De moi, vous ne saurez rien, même si mon double s’évertue à faire semblant de vous en dire tant. Le message est crypté, la ligne est brouillée, l’auto-fiction déconstruite ! Qui donc se dissimule sous ce nom codé ? Comment le personnage réel parvient-il à se raccrocher aux branches de ses innombrables ramifications ? Des questions sans réponses qu’il ne conviendrait pas de poser.

« Le Nabum chaud ! ». Des émotions, des secrets, des inventions, des sentiments traversent les mots qui naviguent à tort et à envie. La colère est meilleure conseillère que la tendresse, la révolte satisfait le lecteur quand la passion ennuie. Les fables ne touchent pas le plus grand nombre. Les chansons ne sont pas aussi drôles qu’il le faudrait pour complaire à la légende, fabriquée de toute pièce, d’une marine d’opérette et de beuveries.

Alors l’auteur de mes billets se grime en un autre et devient « C’est Nabum ». Il se fait Bonimenteur pour envoûter, jouer de la magie celte, des mots qui se font philtres magiques, des incantations qui se veulent mystérieuses, des bannissements qui ne sont que factices.

Il se gonfle d’importance pour devenir chantre de la Loire et de ses mystères, discoureur de la marine et de ses chalands, enjoliveur de notre Val et de ses levées. Il pense se faire poète, perdant alors toute mesure. Persuadé de pouvoir devenir un faiseur de chansons, il n’est en fait qu’un pauvre écrivaillon-moussaillon sur la grande mare de ceux qui n’ont pas accès aux canards ni à la gloire !

« Chaud, le C’est Nabum show » ! Pitoyable décrypteur inutile d’une ville qui se refuse à lui ou qu’il feint de fuir ! Lui- même ne sait plus vraiment ce qu’il veut. Son double lui vole une vedette qu’il a toujours prétendu ne pas vouloir. Ce double si flou quand il s’agit d’admettre les ambiguïtés permanentes qu’impose le jeu confus d’un miroir opaque sans tain.

Le schizophrène rencontre alors le paranoïaque ; ils font bon ménage. Le contexte est propice à ce genre de mariage. Tous les sentiments explosent par le truchement de ces mots que mon double libère vers l’inconnu de tous mes maux. Ils vous reviennent parfois tissés d’une tendresse que je regrette de ne pouvoir cueillir. Ils se font plus souvent boomerangs agressifs chargés de tous les courroux accumulés par toutes mes frustrations intimes.

L’épreuve ne laisse pas entier. Vers des ailleurs improbables, mon double finit par s’évader, s’émanciper, s’incarner en un personnage bien réel . Il faut se faire à l’idée de cette cohabitation intime qui impose des concessions mutuelles avec moi-même. Ce « Je » qui pour singulier qu’il souhaite être, -sinon pourquoi voudrait-il imposer aux autres ses réflexions ?- n’en finit plus de s’accorder au « pluriel » !

Cette division de l’individu qui le dédouble et le divise, laisse pantois celui qui se croyait calculateur savant et maître de ses sentiments. L’opération n’est pas sans risque et demande beaucoup de retenue. Les problèmes arrivent souvent après la solution ; la dissolution de soi est la preuve du triomphe de cette écritoire aléatoire

Quand épuisé et fourbu, ( enfin sage ?) il consent à éteindre son ordinateur, il pense se tourner vers lui-même pour retrouver celui qu’il fut autrefois. Hélas, l’avatar ne se dissout plus de bonne grâce. Pas question qu’un simple clic lui fasse abandonner la place ; il s’incruste, le bougre ! Le monde imaginaire ne veut plus s’évanouir pour laisser la vie réelle reprendre le cours de son chemin tranquille. Désormais la fermeture du bouton -connexion n’active plus la déconnexion de moi-même ! Mon double me hante, il finit par m’habiter. Il fait partie intégrante de ma folie écritoire.

Polymorphement vôtre


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