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Commentaire de Jean-François Dedieu

sur Mayotte, des barrages en guise de barricades !


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Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 20 mars 2018 09:56

Grève ? Vote ? Anarchie ? Révolte ? révolution ?

En réponse à Zaidou Bamana

Bonjour Zaidou, merci pour ta participation au débat, l’essentiel étant d’échanger pour avancer. Dans cette optique, permets-moi néanmoins de contester ta thèse ou du moins ce que j’en ai retenu, à savoir que le mouvement populaire serait coupable de ne pas savoir s’arrêter.
Mettre sur le même plan le « droit de grève » et le « droit de vote » relève à mon sens d’un abus de langage. Les barrages sont l’expression d’une révolte pour le respect d’un cahier de charges constitutionnel. Le droit de vivre une pleine citoyenneté prévaut sur le droit de vote.
La pagaille ce n’est pas le peuple mahorais exprimant son ras le bol, ce sont les strates normalement habilitées à maintenir la cohésion, l’unité républicaine qui sont en défaut : d’abord l’Etat qui minimise, vole Mayotte dans la répartition du budget national, ensuite les élus qui, au même titre que l’administration ont mis leurs intérêts de caste au-dessus de l’intérêt général.
C’est à eux qu’incombe de faire des propositions de sortie honorables or des impressions demeurent : soit ils sont impuissants, soient ils manquent de volonté, soit ils jouent le pourrissement et nous n’aurons gagné que les ennuis collatéraux dus à la révolte.
C’est trop facile d’imputer la présomption de culpabilité au peuple et d’en exonérer la représentativité politique.
Les barrages perdurent parce que les maux sont réels et que l’institution, en panne, ne veut pas ou entend mal.
Si à l’annonce de fin de grève la ministre avait été en position d’engager le gouvernement… malheureusement ce défaut d’habilitation a été logiquement perçu en tant que manœuvre dilatoire.
Tu dis que la forme de la grève est catastrophique, non ce qui est catastrophique c’est le pays de droit qui ne reprend pas la main en garantissant de façon sereine et normale que les citoyens de Mayotte ne sont pas des citoyens de seconde zone, en sous-France.
Dans la cellule familiale au même titre qu’au sein de la grande famille française, le dialogue réduit à son expression de rapport de force demeure inacceptable. Si les devoirs s’imposent, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les droits ? Nous Français, devons faire en sorte que l’exigence de liberté, d’égalité, de fraternité ne reste pas surréaliste et juste bonne à rendre les enfants heureux…


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