Grève ? Vote ? Anarchie ? Révolte ? révolution ?
En réponse à Zaidou Bamana
Bonjour
Zaidou, merci pour ta participation au débat, l’essentiel étant
d’échanger pour avancer. Dans cette optique, permets-moi néanmoins de
contester ta thèse ou du moins ce que j’en ai retenu, à savoir que le
mouvement populaire serait coupable de ne pas savoir s’arrêter.
Mettre
sur le même plan le « droit de grève » et le « droit de vote » relève à
mon sens d’un abus de langage. Les barrages sont l’expression d’une
révolte pour le respect d’un cahier de charges constitutionnel. Le droit
de vivre une pleine citoyenneté prévaut sur le droit de vote.
La
pagaille ce n’est pas le peuple mahorais exprimant son ras le bol, ce
sont les strates normalement habilitées à maintenir la cohésion, l’unité
républicaine qui sont en défaut : d’abord l’Etat qui minimise, vole
Mayotte dans la répartition du budget national, ensuite les élus qui, au
même titre que l’administration ont mis leurs intérêts de caste
au-dessus de l’intérêt général.
C’est à eux qu’incombe
de faire des propositions de sortie honorables or des impressions
demeurent : soit ils sont impuissants, soient ils manquent de volonté,
soit ils jouent le pourrissement et nous n’aurons gagné que les ennuis
collatéraux dus à la révolte.
C’est trop facile d’imputer la présomption de culpabilité au peuple et d’en exonérer la représentativité politique.
Les barrages perdurent parce que les maux sont réels et que l’institution, en panne, ne veut pas ou entend mal.
Si
à l’annonce de fin de grève la ministre avait été en position d’engager
le gouvernement… malheureusement ce défaut d’habilitation a été
logiquement perçu en tant que manœuvre dilatoire.
Tu
dis que la forme de la grève est catastrophique, non ce qui est
catastrophique c’est le pays de droit qui ne reprend pas la main en
garantissant de façon sereine et normale que les citoyens de Mayotte ne
sont pas des citoyens de seconde zone, en sous-France.
Dans
la cellule familiale au même titre qu’au sein de la grande famille
française, le dialogue réduit à son expression de rapport de force
demeure inacceptable. Si les devoirs s’imposent, pourquoi n’en serait-il
pas de même pour les droits ? Nous Français, devons faire en sorte que
l’exigence de liberté, d’égalité, de fraternité ne reste pas surréaliste
et juste bonne à rendre les enfants heureux…