"Aujourd’hui, on a des modes de gestion du travail qui sont
anti-civilisation, qui génèrent la violence, la solitude, la pathologie
mentale, la pauvreté… On travaille pour faire consommer, pas pour
honorer la vie, la civilisation.
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La résistance pose des problèmes politiques de fond. On ne peut pas en
appeler à la résistance. Elle ne peut pas être le fait d’individus
ordinaires. Ceux-là suivent. On ne peut construire une philosophie
politique sans savoir que les êtres humains sont fragiles et donc ne
sont pas portés à la résistance. La lâcheté, l’opportunisme, c’est la
condition humaine habituelle. "
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Collaborer à des choses que nous réprouvons ou prendre la parole et
risquer de passer pour un illuminé… Il n’y a véritablement résistance
que le jour où la lutte ne peut plus se faire à visage découvert. Tant
qu’on peut critiquer à visage découvert, on est dans un espace où la
discussion est possible, dans un espace encore ouvert à la négociation
et à la recherche de compromis pratiques. La résistance en tant que
telle, c’est quand on ne peut plus s’opposer à visage découvert. Il y a
des entreprises où l’on ne peut pas dire tout haut ce qu’on pense, parce
qu’on se fait virer tout de suite. Et il y a d’autres lieux où l’on ne
risque pas de se faire virer mais où la prise de parole est inutile.
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cf https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-psychosociologie-2009-1-page-225.htm