A une exception près, je n’ai toujours vu que des gens ramer sévère avec le RSA ou l’AAH. Il n’est pas simplement question d’un chiffre (dont il faudrait se questionner sur sa proportion dans le PIB pour évaluer l’effort social et relativiser aux nombreuses autres parts - sutout quand les effets de manche font autorité...), mais également des institutions de la précarité, dont l’expérience de leur fréquentation donne une idée précise sur un délaissement qui va de pair avec une certaine pensée.
Autre point, le chômage longue durée et le travail précaire, qui montent en flèche depuis plusieurs années sans que cela ne semble rationnaliser le discours à ce sujet. Sous cet effacement, la volonté de laisser-aller dans la mesure où le travail précaire, dit « souple », est rentable ? Dans une société du chiffre, peut-être.
Quid des modalités du partage du travail dans un monde qui va connaître une révolution dans ce domaine, avec sa fracture inégalitaire spécifique (des cadres recherchés et des exécutants positionnés en variable d’ajustement) ? Quid du choix également alors que certains modèles de revenu inconditionnel abordent ce problème historique frontalement avec bon sens et des réponses pertinentes ?
Si la question de la précarité est posée, alors il faudrait la traiter sérieusement. La question de fond, c’est celle de la vie sociale, dont on sait, encore une fois au-delà d’un chiffre, qu’elle est la manifestation des rapports entre société, travail et argent.
Rien à changer ? Les gamineries d’un Président sont loin de m’amuser.