@Fanny
On rit rarement tout seul dans son coin. Le rire est communicatif, le rire de l’un entraîne le rire de l’autre et quand un troisième sort une vanne, cela devient parfois un fou rire.
Les sketchs de Michel Leeb qui jouaient sur des clichés m’ont fait pisser de rire quand on regardait la télé en famille. Cela ne volait pourtant pas bien haut mais c’était une époque où on pouvait rire de tout.
A la même époque, je ne me souvient pas d’avoir ri aux larmes en écoutant Pierre Desproges.
J’avais et j’ai encore un plaisir intérieur en entendant ses aphorismes ou ses réquisitoires irrespectueux.
J’ai eu le même plaisir en lisant la lettre de Michel Onfray. Je comprenais chaque mot, chaque allusion et chaque double sens. Je me disais après chaque doigt : « Comment ose-t-il ? ».
J’ai essayé de comprendre où se cachait l’humour et j’ai tout de suite fait le rapprochement avec Pierre Desproges, le côté graveleux en plus ou en trop ; je ne me prononce pas.
Oui, remettre Emmanuel Macron à sa place avec la rhétorique de Michel Onfray est pour moi de l’humour.
Se moquer des puissants a toujours été une tradition française. N’appelait-on pas son chien Rex pour se moquer du roi ?
Les médias ne cherchent-ils pas perpétuellement le faux pas des puissants pour faire rire. N’a-t-on pas insisté sur les chutes malencontreuses de Gerald Ford ?
Pour la vulgarité de la lettre, c’est la vulgarité qui répond à la vulgarité. Cela ne me choque pas plus.
C’est la mise à nu d’un dieu bien maigrichon.
C’est vrai que Pierre Desproges avait un vocabulaire plus policé mais il a toujours pu s’exprimer librement dans les médias. Comment aurait-il réagit s’il avait été censuré ? Nul ne le saura.
A l’époque, on pouvait de moquer de tout le monde mais on était censuré quand on disait un gros mots que les enfants ne pouvait pas entendre. Aujourd’hui, c’est presque le contraire.
Je pense par exemple à Rex (l’humoriste, pas le chien) qui s’est fait virer pour une vanne pas politiquement correcte qui ne méritait même pas un avertissement.