@Pascal L
Bien vu et je suggère une autre piste, le rétablissement d’une barrière entre banque de dépôts et banque d’affaire et l’interdiction des emprunts destinés à alimenter les marchés financiers. Avouez qu’il est totalement incohérent de laisser des investisseurs acheter des actions à coup d’emprunts, puis de les rembourser en tapant dans les caisses de l’entreprise, et accessoirement de se verser des dividendes, parfois en contractant un emprunt supplémentaire qui devra être remboursé par l’entreprise. Les entreprises devraient emprunter directement auprès des banques, ce qui leur éviterait de passer sous la coupe des prédateurs et ce qui permettrait aussi aux banques de jouer réellement un rôle dans l’économie, en favorisant les entreprises réellement viables.
S’agissant de votre deuxième paragraphe sur la création monétaire, je crois qu’il porte une ambiguïté sur la nature de la monnaie et cette nature me semble duale : flux et reflet de la richesse. La monnaie n’est pas la contrepartie exacte de biens, mais plutôt un reflet des flux de richesse. Avec un seul dollar en circulation, je peux acheter un château, brique par brique. Mais le détenteur de monnaie dispose d’un droit de tirage sur l’éméteur et celui-ci devrait pouvoir lui fournir à chaque instant une contrepartie. Pour autant, je ne suis pas certain qu’une majorité des détenteurs de dollars qui viendrait chercher leur contrepartie aux USA ne repartiraient pas les mains vides. Disons que l’ambiguïté profite à tout le monde et que tant qu’un tel mouvement n’est pas lancé, nous faisons semblant de croire que le dollar a une valeur. C’est la troisième dimension de la monnaie : la croyance, la foi
Flux, stock, croyance, la monnaie est un objet complexe, difficilement modélisable et contrairement à vous, je pense que cette complexité permet à des organismes uniquement animé par le profit de dissimuler leurs activités contraires à l’intérêt général, c’est le résultat que l’on observe aujourd’hui en Europe, et que la création monétaire ne saurait être dissociée de la souveraineté, qui ne peut être que nationale.