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Commentaire de Olivier MONTULET

sur Qu'est-ce qu'un système social ?


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Olivier MONTULET Olivier MONTULET 20 novembre 2018 22:16

@Monarque31

pour être clair, redéfinissons le système social :

« Posons d’emblée l’hypothèse fondamentale du travail sociologique. Les faits relationnels qui constituent le social ne sont pas liés entre eux au hasard. Il y a des régularités dans ce tissu : les faits sociaux sont organisés en des ensembles qui constituent des systèmes. Les relations sociales s’y trouvent comme des facteurs interdépendants dont les rapports dynamiques sont en même temps la cause et le produit de l’existence du système considéré. A chaque variation d’un facteur correspondent une ou plusieurs variations d’un autre ou de plusieurs autres facteurs, variations qui tendent à maintenir le système en l’adaptant. Il s’agit de rééquilibrations successives dues à des processus d’auto-compensation. Ces processus sont l’expression de l’action et de la force intégratives du système qui tend à se maintenir. Entre le « tout » et les « parties » il y a donc une réciprocité d’influences, mais c’est le « tout » qui assure la cohérence de l’ensemble : si, en effet, l’influence des parties dépasse les marges tolérables pour que le « tout » reste ce qu’il est, en d’autres termes, si le quantum d’action des parties l’emporte sur le quantum de force intégrative de ce « tout », le système disparaît comme tel. Au contraire, si l’intégration l’emporte sur l’action transformatrice des parties, à la limite le système devient un ensemble figé et statique. Il perd son. Caractère dynamique qui est normal.

Les systèmes peuvent donc changer mais ne restent eux-mêmes que si les changements ne dépassent pas certaines marges. Ce qui résiste le plus au changement, ce sont les structures qui sont faites des relations sociales les plus permanentes et les plus rigides. Les systèmes ne réagissent pas seulement à des changements internes de leurs facteurs mais à des modifications de leur contexte externe dont ils sont inséparables et avec lequel ils assurent un équilibre.

Telle est l’hypothèse fondamentale du travail sociologique. Les rapports dynamiques des facteurs interdépendants, entre eux, par et avec le tout, sont non seulement la cause et le produit du système, mais ils en sont l’explication. S’il y a réciprocité d’influences, il y a en même temps réciprocité des perspectives.

Au fond le jeu des systèmes sociaux est celui de l’boméostasis dans le sens que lui donnait le biologiste Cannon il y a déjà une trentaine d’années. A propos des organismes biologiques, un autre biologiste éminent, Lucien Cuénot, écrivait : "Les organismes, en effet, possèdent des propriétés régulatrices qui normalement corrigent dans une certaine mesure les troubles ou les déficiences qui surviennent dans le fonctionnement des organes à la suite d’un changement de milieu ou d’un accident. » Ils comportent à cet égard des « appareils compensateurs ». Les systèmes sociaux sont donc comme des organismes biologiques, mais ils sont discontinus, leurs unités composantes jouissant, au surplus, d’une autonomie propre, alors que les êtres vivants sont continus et étroitement intégrés. Telle est la grande différence.

Les systèmes sociaux parmi les plus cohérents sont les sociétés globales. Et parmi les structures des systèmes, les plus marquées sont les institutions. Maurice Hauriou distinguait deux espèces d’institutions : "l’institution-groupe » et « l’institution-chose ». Ces institutions peuvent atteindre un degré d’intégration tel qu’elles constituent dans le système global des « subsystèmes ».

 Systèmes, subsystèmes et réseaux relationnels jouissant d’un degré marqué de stabilité et d’aptitude à résister au changement sont des structures. Le système est structure de la société globale, au plan de la totalité sociale. Les subsystèmes (l’économique ou le religieux par exemple) sont structurés au niveau qui est globalement significatif, mais sans chacun être la structure totale. Les réseaux relationnels stables sont des institutions-choses (perspective formelle) ou des institutions-groupes (perspective concrète) à des degrés divers de conscience sociale. Toute relation sociale, si peu que ce soit, est structurée ou structurable.

La nature commune du système et des autres structures explique que chez certains auteurs on en trouve des définitions peu différenciées.  »

« Alain Birou définit la structure comme un "mode d’agencement d’un ensemble de choses qui sont réunies de façon à caractériser un tout spécifique. Chaque fois que l’on parle de structures, on peut dégager la forme de cohérence d’un ensemble et son hétérogénéité par rapport à d’autres". Pour la structure sociale il précise : "Ensemble ou totalité sociale composée de parties organisées plus ou moins interdépendantes et reliées entre elles de façon durable’. " Cette définition convient mieux au système, structure particulière la plus globale qu’à la structure en général. Celle-ci nous paraît mieux caractérisée par Suavet : "Il s’agit toujours des dimensions et des relations qui, en raison de leur permanence relative, sont caractéristiques d’un ensemble donné. "  Cet ensemble sera une institution, un subsystème ou un système. » Henri JANNE, Le système social, pg 62.

J’ajouterais que le concepte d’émergence s’applique aux systèmes. C’est-à-dire qu’a un niveau de complexité supérieur s’applique de nouvelles lois indéterminables du nouveau de complexité inférieur et non extrapolables à partir des lois du niveau de complexité inférieur. Chaque niveau de complexité constituant un système.


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