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Commentaire de Christian Labrune

sur L'oubli éthique du journalisme français


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Christian Labrune Christian Labrune 14 janvier 2019 10:44

Le propos de cet article est tout aussi réducteur que l’approche des faits reprochée à la presse, laquelle, et c’est aisément compréhensible, ne signale jamais ce qui paraît insignifiant. On n’a jamais vu un article signalant que tel jour tous les trains sont arrivés à l’heure prévue à la gare du Nord ou que la circulation automobile dans la région parisienne a été aussi fluide que souhaitable.

Prenons le cas de la scène atroce évoquée sur la passerelle Senghor. Si, ayant été connue parce qu’on disposait de vidéos, elle avait été laissée de côté et rangée dans un tiroir, c’est bien là qu’il aurait fallu parler d’une partialité de la presse.

Or, j’observe que le jour où cela est arrivé, j’ai vu plusieurs fois le seul début de la scène : un type boxant les CRS. Je m’étais dit qu’il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat : c’était un combat inégal entre un type agissant à mains nues et un homme armé. C’est seulement le lendemain que j’ai pu voir la suite : le même policier à terre, sur lequel on s’acharnait pour lui faire la peau.

S’il fallait prendre au sérieux le point de vue de cet article, on arriverait à des aberrations : il n’y a pas tous les jours des attentats islamistes en France, et sur une population de 65 millions de Francais, très peu, proportionnellement, meurent dans des attentats. C’est même le raisonnement imbécile qu’avait tenu un « philosophe » qui s’était fait applaudir à la Sorbonne par un public de parfaits crétins. Pourquoi, dès lors, faire un sort à ce qui s’était passé il y a peu à Strasbourg ?

S’il y a eu moins d’exactions commises ce dernier samedi, c’est bien parce que les gilets jaunes commencent à se rendre compte, grâce à la presse, que s’ils ne veulent pas être ostracisés par une population qui les avait immédiatement soutenus, ils ont tout intérêt à ne pas se comporter comme les sans-culottes dans le faubourg Saint-Antoine à la veille des massacres de septembre 1792.

Quelques parfaits connards auront encore cru bon de devoir molester des journalistes. C’est absolument inqualifiable. Toutes les critiques sont évidemment possibles et souhaitables, et je serai le premier à critiquer le rôle d’une presse qui s’oriente assez spontanément, comme une girouette, dans le sens des vents dominants, mais de là à casser la gueule à des gens qui font leur boulot, il y a un abîme que seuls des imbéciles absolus peuvent essayer de franchir.


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