@Fanny
merci pour votre analyse que je partage largement...
les geeks qui commentent l’article ici ou ailleurs n’apportent malheureusement aucune solution. Et ce n’est pas leur ton de scandale et d’insulte (malheureusement) qui change quelque chose. Les outils des geeks tournent autour du « cryptage » et autre stratagèmes du genre. Mais cela revient par exemple à tenir des conversations privées chez soi avec des amis... C’est très sympathique, mais ça n’a rien à voir la liberté d’expression publique. Les geeks appartiennent à une mentalité qui place un messianisme dans la technologie : en ce sens, ils sont en fait très proches des géants du web (la même « religion »). Par ailleurs, les services d’espionages sont capables (quand ça leur est utile) d’espionner Merkel ou Sarkozy... les israélien ont réussi en 2009 à entrer à distance dans le contrôle du centrale nucléaire iranienne... mais les petits geeks s’estiment supérieurs à tout cela... ça me semble légèrment présomptueux.
A ma connaissance, la Chine est le seul pays qui ait réellement un contrôle sur son propre web. Tout le reste est sous contrôle anglo-américain. Mais comme vous le dite, les blocs géopolitiques vont se partager le monde, et contrôler leurs sphères.
A mon avis, l’esprit « technologie-dissidence » qui fait florès est déjà une forme « d’orientation culturelle » générée par l’oligarchie... et ça marche très bien... le geek, même le plus radical, travaille objectivement pour l’oligarchie... concrètement, le geek radical apporte sa caution objective de dissident à une technologie massivement contrôlée par l’oligarchie. Il sert de « caution morale » à une entreprise d’asservissement technologique. C’est un peu « le noir de service » à la télé. Bien-sûr, ils n’en sont pas conscients, et réagissent avec agressivité quand on pose le problème.
Je partage aussi totalement votre avis que la dissidence artisanale a « course perdue » face à l’industrie oligarchique, dans le façonnage des esprits. C’est pourquoi il me semble que la dissidence doit s’en prendre à l’internet lui-même, comme outil d’aliénation des masses. Au moins oser le critiquer ou le questionner. Mais les réactions à mon article prouvent que l’imprégnation idéologique est déjà très forte, et qu’il est presque interdit de critiquer le web en tant que tel... ça laisse songeur...