@eau-pression
Je suis nantais et j’étais contre la construction de NDD mais il faut reconnaître que lancer une consultation populaire puis la jeter aux orties est un déni de démocratie. NDD est un très vieux projet. Il était prévu pour faire atterrir des Concorde à Nantes... Ensuite, le projet, devenu sans objet, a suivi son cours dans l’opacité et sans concertation. Un jour, les gens se sont réveillés en prenant conscience de ce monstre en devenir.
Le référendum était fondé mais il aurait dû intervenir bien en amont avec un vrai exposé des avantages et des inconvénients. Un véritable débat aurait conduit à une meilleure réflexion et à une proposition de solutions alternatives ou, au minimum, à beaucoup plus de précautions dans la réalisation de NDD. Au lieu de cela, on a laissé se consumer toutes les autres options et on a continué à construire des habitations à Bouguenais, Rezé et Grand-Lieu, dans la trajectoire des avions ainsi que sur les terrains permettant une extension de l’existant.
Comparons ce qu’ont fait les allemands dans le Baden Wurttemberg. Un référendum a été proposé pour agrandir la gare de Stuttgart. Cela impliquait de lourds terrassements et imposait un tunnel. Les écologistes étaient contre. Le référendum s’est prononcé pour cette extension. Peu de temps après, les écologistes sont arrivé à la tête du Land. Ils ont appliqué la décision du référendum.
Le référendum de NDD, tel qu’il s’est déroulé, est l’illustration d’un pouvoir déconnecté du pays réel et d’une instrumentalisation lourde d’arrières pensées. Les apparatchiks locaux ne sont pas plus en prise avec cette réalité. Ils ne sont que des rouages d’un système de partis parisiens à l’égard de qui ils doivent allégeance à peine de renoncer à toute carrière politique. Ceci fausse toutes les décisions au niveau local. Le politique doit se montrer servile à l’égard d’un appareil s’il veut progresser. L’intérêt de ceux qui l’ont élu ainsi que leur écoute ne sont donc pas sa principale préoccupation. Il s’agit bien d’une tare du jacobinisme.
Si Paris a finalement reculé, ce n’est pas par intelligence, c’était trop tard, mais en raison des destructions régulières à Nantes, où les Black bocs exploitaient toutes les manifs d’opposants. Nantes était devenu leur principal QG en France. Pendant ce temps, Johanna Roland (Maire de la Ville), toute à son marketing urbain et à ses « éléments de langage », nous chantait : « Tout va très bien madame la Marquise ». En conséquence, aucun pouvoir ne prenait la mesure du chaos. Il a fallu qu’Edouard Philippe se rende sur place pour comprendre, qu’en réalité, il fallait battre en arrière, et vite.
Pour revenir à notre sujet, NDD est bien l’illustration d’un jeu non démocratique et d’une imposture de référendum. C’est ce qu’attendent la plupart des politiques français à l’égard du référendum britannique.Ils le font savoir avec mépris. Mais ils se trompent. Là aussi.