@Séraphin Lampion
Quand on dit que Viollet le Duc était un visionnaire, ce n’est
pas une image.
Sa vie a été émaillées de plusieurs « illuminations », la première dès l’âge de trois ans lors d’une cérémonie à Notre-Dame de Paris, au point qu’il a
parait-il dû quitter la cathédrale. Selon ses propres dires, ce même
phénomène s’est reproduit lors de la visite du Colisée, puis de celle du
château de Pierrefonds, mais aussi au Palais des Doges à Venise ou au théâtre
antique de Taormine.
Il était un autodidacte et n’avait pas reçu de formation
académique. Au cours d’une série de voyages en France entre 1831 et 1835, il
s’attachait surtout au pittoresque, ce que Prosper Mérimée appelait
« couleur locale », et aux ambiances romantiques, à l’image de ses
toiles « Le cloître du Mont-Saint-Michel, »Scène druidique« ou
»Eclipse de lune".
Les formes naturelles constituaient une source d’inspiration
pour lui. Pendant ses voyages en France, il a dessiné de nombreux rochers et même
proposé une restitution du Mont-Blanc,
en cherchant à retrouver son état avant les érosions.
Grâce à sa proximité avec le pouvoir, essentiellement
Napoléon III, "il n’y a aucun grand patrimoine français qui ne soit passé
par ses mains", mais son système va trouver ses limites face aux
ingénieurs des chemins de fer, formés à l’Ecole centrale. Mis en concurrence
avec eux lors de la restauration de la tour de la cathédrale de Bayeux en 1852,
c’est leur solution qui est finalement retenue.
Heureusement qu’il n’a pas eu de budget pour le Mon Blanc,
lui et ses émules qui ont sévi au Mont-Saint-Michel (certes impressionnant mais
dont le profil actuel est ce que Macron appellerait un « fake »ont
suffisamment interprété un patrimoine pour en faire des décors de Disney pour
qu’il nous ait été épargné que les Alpes ne se transforment en Hymalaya !