Pendant des années, j’ai envoyé des commentaires aux
différents intervenants de la matinale de France Inter à partir de ce que je
croyais possible et souhaitable, l’existence d’une référence implicite à une
éthique partagée fondée sur une forme d’honnêteté intellectuelle : De la
part d’un journaliste ou un éditorialiste, dire franchement son parti-pris et
son opinion avec faits et arguments, ceci est parfaitement recevable. Citer,
énumérer loyalement les points de vue qui s’affrontent et pourquoi pas, dire sa
préférence sans omettre bien sûr de l’expliciter.Faire correctement l’état des lieux d’un problème et citez les analyses
diverses qui s’y rapportent au lieu d’user de toutes les ficelles du métier et
ressources de la rhétorique pour simuler grossièrement la neutralité ou affirmer de prétendues vérités établies.Mener une interview sans complaisance, avec respect, en apportant ou rectifiant les infos manquantes, tronquées ou biaisées etc…. Visiblement
ce n’est pas la tendance. Cela donnerait le goût de l’information comparée et
de l’analyse, stimulerait la curiosité et l’esprit critique, rappellerait au
citoyen que sans cela nous sommes tous manipulables à merci et qu’il n’y a pas
de véritable démocratie à la hauteur de notre pays et du niveau d’éducation de
sa population. Alors que nos institutions sont à bout de souffle à force d’avoir été
autant trafiquées, cela permettrait de
faire émerger de véritables pratiques citoyennes et démocratiques sans lesquelles les démagogues, les spécialistes du simulacre, les césarisés et nominés
de la mise en scène politique et médiatique continueront de nous entraîner dans
des aventures dont ils ne maîtrisent ni les tenants ni les aboutissants sans
oublier de se présenter comme recours devant les catastrophes qu’ils ont
provoquées. L’historien Ernest Renan disait dans sa célèbre conférence à la
Sorbonne de 1882 à la naissance d’une république « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »
Pratiquer la plupart du temps ce type de journalisme dans le service public s’apparente
aujourd’hui à une forme de trahison de tous les jours qu’on nous sert au petit-déjeuner.
Autre motif de tristesse, c’est que les compétences et les talents sont
présents en nombre à l’intérieur et à l’extérieur de la maison.
Rassurez-vous, moi non plus, je n’ai pas eu de réponse même
en passant par la médiation. Il paraît que nos interpellations sont publiées
sur le site de la médiation. A force de chercher sans trouver, j’ai fini par
trouver le site Agora-vox. Comme quoi, même endiguée, l’expression de la
démocratie, comme l’eau, s’infiltre partout. Merci à Agora-vox.