Réconcilier Camus et Sartre, tâche impossible !
Pour sûr, question éthique, Camus est au premier plan !
Côté engagement, Sartre trône ; et pas n’importe quel engagement : celui qui a pour assise un « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » ou bien « on ne fait pas d’omelette avec des œufs pourris » ; ou bien encore : « qu’importe l’omelette pourvu que l’on ait l’ivresse bourgeoise d’un engagement anti-bourgeois et la renommée qui va avec ! »
Et puis, enfin...
Sartre… c’est l’enfance d’un chef, la rue d’Ulm, - Ecole Normale pour normalien -, avec ses petites étudiantes admiratives et consentantes, la raison dialectique et le café de Flore, boulevard Saint Germain, lieu qu’il n’a jamais vraiment quitté excepté pour aller, de temps à autre, s’encanailler dans les usines Renault de Billancourt, tâter et goûter du bleu de travail – métallos, OS, monteurs…
Alors que Camus...
En dépit de la pauvreté, c’est le soleil de la méditerranée - une mer sans plis -, l’amitié solide, celle d’un René Char ; et puis aussi... et surtout...
« L’odeur volumineuse des plantes aromatiques qui racle la gorge et suffoque dans la chaleur, les concerts d’insectes somnolents et le libertinage de l’homme et de la nature... » (Noces à Tipasa – 1936/1937 - édition Folio)
Entre ces deux-là, le silence immense d’une gêne indépassable.