Le moment est délicat parce que toutes les techniques ne sont pas encore prêtes. Mais le pouvoir joue gagnant, car une grande majorité de neuneus le soutiennent, et au pire il n’aura affaire qu’à quelques récalcitrants.
Les dénonciations de personnes « qui violent le confinement » le montrent : Ce n’est pas par souci de la santé publique, mais parce qu’un type confiné ne supporte pas d’en voir un autre faire une balade alors que lui n’ose pas. C’est exactement comme les dénonciations de résistants, où le principal moteur était la jalousie : Je n’ai pas le courage de vivre libre, donc je dénonce ceux qui l’ont.
Mais pendant l’occupation les Français étaient beaucoup moins soumis qu’il ne le sont maintenant. Il n’y avait encore pas de télé, et l’occupation était étrangère. Les Français n’osaient pas, mais ils auraient bien voulu voir les troupes partir. Alors qu’aujourd’hui les troupes d’occupation sont notre propre police, avec ses innombrables délateurs.
Je vois l’avenir bien sombre. Heureusement je n’en ai plus pour longtemps à vivre, pour moi c’est la lumière au bout du tunnel. Mais pour les plus jeunes, quelle horreur...
Et je dois ici m’incliner devant les jeunes des banlieues, même s’ils sont le plus souvent des « bougnoules » ou des noirs. Eux au moins tentent de se révolter. Je ne sais pas s’ils pourront s’organiser pour résister. Mais pour moi ces jeunes sont l’équivalent du groupe Manouchian, ceux de « l’affiche rouge ». Je leur souhaite de survivre, je n’ose pas dire de vaincre.