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Commentaire de Wald

sur Esclavage et repentance


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Wald 6 août 2020 15:24

@L’apostilleur
Aux Etats-Unis, la ségrégation institutionnalisée n’a été supprimée que dans les années 60, et sur le territoire français, le code de l’indigénat avait cours dans les départements d’Algérie. On ne parle pas de deux ou trois siècles non plus. Un Arabe, en France, en 1955, n’avait tout simplement pas le droit de vote du seul fait d’être arabe (sans parler des droits juridiques).

Quelle légitimité à un descendant d’esclave après plusieurs générations de ressasser à l’infini ce passé ?

Peut-être parce qu’une particularité de l’esclavage européen tardif est d’avoir désigné certaines ethnies comme étant vouées à l’esclavage et pas d’autres, ce qui est une vision de l’esclavage que n’avaient pas les civilisations antérieures, pour qui n’importe quelle ethnie pouvait faire l’affaire.

Jefferson, dès le début du 19ème, était pessimiste sur les relations entre noirs et blancs aux USA, tout comme Tocqueville (il y a des passages brillants dans le premier tome de « De la démocratie en Amérique » sur le sujet). Leur point de vue n’était d’ailleurs pas isolé. Tocqueville écrit explicitement qu’en « limitant l’esclavage à une race, on a infligé à l’humanité une blessure moins large, mais infiniment plus difficile à guérir » (quasiment mot pour mot). Deux siècles plus tard, c’est une question qui n’est toujours pas réglée.


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