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Commentaire de DACH

sur Homo homini lupus est


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DACH 18 octobre 2020 12:49

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Mentionnons encore depuis quelques jours, à propos du cessez-le-feu non respecté, des récits médiatiques du type : “Les deux parties s’accusent mutuellement de violer la trêve”. Une formulation distanciée qui néglige le fait que les populations civiles du Haut-Karabakh ont fait l’objet de bombardements azéris quelques instants après la promesse du cessez-le-feu, des attaques – avec notamment des bombes à sous-munitions pourtant interdites– qui continuent à ce jour à être lancées de façon indiscriminée et font vivre les derniers résidents Arméniens de la région dans la terreur. La formulation omet par ailleurs que l’Arménie, où le nombre de réfugiés augmente jour après jour, ne cesse de réclamer la fin des hostilités et le retour à la table des négociations. La réalité est que si l’armée arménienne est toujours engagée dans le combat, c’est en réponse aux attaques continues de la part de l’Azerbaïdjan, moins intéressée par un compromis diplomatique que par l’idée de clore militairement la question de la présence arménienne dans le Haut-Karabakh.

Mis à l’épreuve des faits (qui par manque d’espace ne sont reportés que partiellement ici), il est évident que les récits médiatiques de ce type pour rendre compte de ce qui se passe actuellement dans le Caucase sont non seulement malheureux mais induisent en erreur le public qu’ils sont censés informer. Et l’on sait combien les incidences de représentations erronées peuvent être lourdes… Le sociologue William Thomas a posé il y a près de 100 ans l’idée que le comportement des individus s’expliquait plus par leur perception de la réalité que par la réalité elle-même. Or cette perception est façonnée par les mots. Ne pas tromper l’opinion publique en employant des mauvaises formulations relève de la responsabilité des journalistes dont certains manquent d’exigence intellectuelle lorsqu’ils évoquent cette guerre terrible et inégale. Une règle élémentaire, certes idéaliste, est pourtant de rester prudent, de se documenter et de contextualiser les faits avant d’offrir un propos explicatif sur ceux-ci. » » Christian Ghasarian Professeur d’ethnologie à l’Université de Neuchâtel, chercheur associé au LAIOS (CNRS), analyse les comportements sociaux et les médias Le HuffPost


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