@JPCiron
D’abord, il n’y a rien de magique dans le mode « intelligence », car contrairement à la magie qui est censée pouvoir être maîtrisée quand ce n’est pas elle qui nous maîtrise, le mode « intelligence » se manifeste sans s’imposer, sans possession et sans aucune possibilité de se l’accaparer, tenter de le faire – donc inévitablement par le penser – chasse inévitablement l’intelligence, d’ailleurs le vocable « mode » ne convient pas parfaitement, un « état d’être » me semble plus approprié.
La pensée en tant que processus s’impose, possède les lieux, et il est vain de « vouloir » s’en débarrasser, la volonté faisant appel à la pensée aucune technique ne le permet, au mieux l’expérimentateur s’abrutit.
Il semble que le cerveau vis-à-vis de l’intelligence soit grossièrement comparable à une télévision, il capte celle-ci s’il est finement accordé sur elle ce qui suppose un certain degré de disponibilité qui crée une ouverture.
La question de savoir d’où vient une pensée est simple, le processus (vous avez également utilisé ce terme) est continuellement alimenté par nos savoirs contenus dans nos (des) mémoires, à l’instar d’un programme qui du plus simple au plus compliqué ne saurait fonctionner sans faire appel à des registres et des mémoires qui peuvent se situer à l’extérieur de la machine, nous les humains n’inventons rien, nous copions...
La pensée est limitée dans le temps et dans l’espace, elle spécule sur le futur en référence au passé et elle est limitée aux contenus des savoirs, c’est un merveilleux outil qu’il convient d’utiliser au mieux dans le domaine du concret, seulement l’abstraction est un labyrinthe dans lequel elle se perd, dans lequel nous nous perdons, la pensée de par sa nature est limitée au connu.
L’ego c’est la pensée, il n’y a pas d’ego sans savoirs, il est capable du meilleurs comme du pire, tout est une question de mode de penser qui se construit au fur et à mesure de notre chemin de vie, rien n’est jamais irrémédiablement figé.