Il y a des cabines publiques
dans les rues partout. Où il faut glisser des pièces. La France
vient d’investir beaucoup dans la téléphonie. Bientôt tous les
Français auront un appareil chez eux.
Filaire bien
sûr. Qui pourrait
penser qu’un téléphone peut se passer d’une prise, et d’un
fil ?
Parfois,
la nuit, il m’arrive de me promener dans le monde d’hier. On ne
porte pas encore de masque. Je ne parle pas de ceux imposés par le
covid, mais par la téléphonie. Tant de zombies maintenant avançant
sur le trottoir avec ce bouclier brandi
devant eux,
comme un parapluie dont
il n’y aurait plus que la poignée
« Comment
pouviez vous faire avant internet ? » Entend on souvent ?
Une question aussi vide de sens, que si l’on demandait à ceux du
siècle d’avant, comment la vie était possible avant la voiture ?
Le
monde n’avait pas
encore imposé
ses
règlements,
ses validations, ses barrières et ses péages, ses
géolocalisations instantanées..
On
se perdait beaucoup, on
faisait demi tour, on cherchait, on
hésitait. On
partait sans avoir d’adresse, ni de CV. On se trompait. On
s’arrangeait avec ce qu’on trouvait.
Avec ce hasard qui fait
si bien les choses. Comme on disait.
Le
net s’est imposé et à supprimé les jalons de
la souplesse et de l’adaptation,
imperceptiblement. Avec l’acceptation enthousiasme de beaucoup,
sautant sur les gadgets
avec jubilation.
Le
stylo bille était l’engin pour communiquer de loin, et la lettre.
Le cachet de la poste faisant foi.
Peu à peu le souvenir de cette époque, encore installée au coin de
la rue, disparaît. Restent
les lettres, et les cartes postales, qui donnent autant d’indications
de la vie d’alors, que les journaux, bien plus lus qu’aujourd’hui.
Les articles étaient
bien plus longs aussi. Peut être bien les journées.