Bonjour P.-A. Teslier
« Effectivement qui sait, aujourd’hui, que fêter l’Enfant Jésus à Noël, chaque 25 décembre, est une « fake news » digne d’une des plus grandes escroqueries que le monde occidental ait véhiculées. »
Rien à voir avec une escroquerie, et encore moins avec cette ridicule tendance de notre post-modernité à, comme pour mieux proclamer notre pitoyable vassalité, affubler de qualificatifs anglo-saxons — fake news en l’occurrence - des concepts qui s’exprimaient jadis fort bien en français.
Le seul des quatre évangélistes canoniques à nous proposer un récit
de la nativité est Saint Luc, qui n’a pas connu Jésus avant que sa
résurrection d’entre les morts le confirme comme Messie.
Quant à la date annuelle de naissance de Jésus de Nazareth, si
j’ignore les conditions climatiques exactes de Judée au solstice
d’hiver, elles me paraissent tout simplement trop fraîches pour rendre
plausible la présence des troupeaux et bergers dans les pâturages.
La date de Noël est donc une convention, et qu’elle reprenne la date
de la fête de Sol Invictus, soit de la fête du solstice d’hiver et du
retour progressif de la lumière, est symboliquement on ne peut plus
cohérente.
Si le Seigneur des chrétiens reprend sans surprise tous les attributs
de la symbolique solaire, c’est bien que le Soleil est le Seigneur du
Cosmos traditionnel et antique.
De multiples syncrétismes accompagnent et enrichissent l’émergence
des religions et des cultes, et bien des dates du calendrier liturgique
se greffent en conséquence sur des fêtes célébrées dans diverses
coutumes et traditions (Assomption, Toussaint, Chandeleur, Sainte Lucie,
Noël, nombreuses fêtes de Saints, ...).
L’analyse de l’hagiographie offre ainsi bien des surprises quant aux
origines d’anecdotes attribuées à divers saints : les nombreux attributs
chamaniques de Saint Nicolas en sont un excellent exemple, mais pour
peu qu’on s’intéresse à la question, c’est plutôt la norme du genre que
l’exception. 
N’étant
pas adepte d’une interprétation strictement littérale, intégriste et le nez dans le guidon des
Écritures, mais bien plutôt des différents niveaux d’interprétation
et de sens qui en offrent toute la richesse, les questions de la
date exacte de la naissance de Jésus de Nazareth ou des preuves
historiques de l’existence du personnage - hors évidemment les signes
célestes ayant pu guider des « mages venus d’Orient » pour venir adorer
dans une étable un nouveau-né annoncé par le ciel comme « Roi des
Juifs » (Le pape Benoît XVI a fait pas mal de recherches sur la
passionnante question de l’« Étoile de Bethléem ») —
m’importent finalement assez peu, et je préfère m’attacher à la
symbolique maintenant multimillénaire qui m’a été transmise par
l’Occident chrétien.
Me
reste à vous présenter mes respectueuses salutations et souhaiter,
ainsi qu’à toutes celles et ceux qui me lisent et qui y apportent
quelque crédit, un très joyeux Noël ! 