La situation est dangereuse.
Deux facteurs :
Les Russes considèrent que les citoyens russes d’Ukraine
sont un peu leurs concitoyens. Restes de l’Histoire passée. Si l’Ukraine décide
d’une attaque militaire d’envergure contre ces pseudo-concitoyens dans le
Donbass, le risque d’une implication militaire russe serait très élevé, avec
toutes les conséquences qu’on peut imaginer.
L’autre facteur est allemand. Quand la Yougoslavie a chancelé,
l’Allemagne a immédiatement mis de l’huile sur le feu en reconnaissant la
Slovénie, puis la Croatie … C’est un ministre des AE écologiste qui menait l‘offensive,
en se fichant totalement de Bruxelles et de l’avis des autres membres de l’UE.
L’enjeu était de faire de la Slovénie et de la Croatie une zone d’influence
économique principalement allemande, ce qui arriva. Il me semble que Mitterrand
en était inquiet. En Ukraine, l’enjeu est le même : faire de l’Ukraine une
zone économique allemande. Il se trouve que la ministre des AE allemande est une
écologiste très remontée contre Moscou. Et l’Allemagne se souvient des
sympathies de l’Ukraine de l’Ouest pour ses soldats, au siècle dernier. Macron
pourrait s’en inquiéter comme autrefois Mitterrand, mais il n’en a peut-être
pas le caractère ni la vision historique.
Ces deux facteurs sont tempérés par le fait que l’Allemagne n’a
pas d’armée opérationnelle pour une guerre en Ukraine et qu’une implication directe
de l’OTAN poserait une question délicate : les USA sont-ils prêts à
affronter la Russie pour le Donbass ? Et la Russie risquerait un coût
économique considérable, et aussi politique en termes de cohésion de son immense
territoire, si elle décidait d’envahir le Donbass.
Le plus probable est que la tension perdure, sauf si l’Ukraine
(ses dirigeants), en grande difficulté, juge qu’une guerre est ce qui peut lui
arriver de mieux. On se souvient de la Pologne au siècle dernier.