Merci M. Salvador ! Superbe.
Exposé audacieux, courageux et
consistant (peut-être trop ?) et inspiré de beaucoup de bonne
volonté. Vous avez raison de proposer une « grille de
lecture » alternative des évènements, et quelle « grille » !
Même pour le marxiste que je tente d’être, une des plus subtiles et
puissantes qui soit, celle du Christ bien compris... si tant est
qu’on puisse prétendre en faire le tour. Figure du Christ et figure
du diable, nous’autres on appelle cela froidement instance de
l’intellection dialectique des dynamiques mentales symboliques, mais
oui, peut importent les mots.
Bon, vous nous donnez là du travail
de lecture et relecture papier et crayon en main si nous voulons vous
suivre au fond, tenter l’aventure en y ré-assemblant un à un les
multiples concepts de référence qui s’articulent.
Entreprise oui audacieuse et risquée,
j’en sais quelque chose, car beaucoup de lecteurs animés de « bon
sens laïc », « de bonne foi sans foi », peinent à
comprendre la logique du miroir ne serait-ce que du scenario
évangélique de la « vie public du Christ », peinent à quitter
l’anecdote, pour accepter d’y lire des structures, algorithmes et
dynamiques de leur propre conscience, dont la diabolisation,
la mimesis et le rite sacrificiel parmi tant d’autres processus. Ceux là vous
traiterons de poutinolâtre... Misère de l’homme sans Dieu !
C’est à dire sans conscience de sa propre complexité composite
commune et insondable.
Les homo économicus contemporains en
foule peuvent brailler « Nous sommes tous Charlie, Nous sommes
tous Ukrainiens », ce qui est inepte et faux, mais seraient
horrifiés de simplement accueillir l’idée pourtant si paisible et consolante que
« Nous sommes tous le Christ » bien compris.
Là ou l’héritage de la sagesse
antique, de la transition des communautés Juive/Chrétienne
révolutionnaire doit être complétée, c’est que depuis les siècles
les conditions matérielles (regard matérialiste, oui !) dont la
massification démographique des collectivités on tellement
quantitativement changé et explosé que les mécanismes comme le
rituel sacrificiel ne peuvent plus s’exprimer qualitativement comme
avant dans des communautés limitées.
Là l’analyse pêche, butte
sur la mutation anthropologique globale, c’est que la massification
de l’humain est peut-être une manifestation... du diable justement, sont
ultime ruse destructrice. Ce qui donne du fil à retordre au
théologien, voire à l’idée même de catholicité et du « mystère
anomique ».
En fait le diable se serait
industrialisé et technicisé dans le numérique ubiquitaire,
totalitaire de la valeur marchande... Poutine serait l’instance
inconsciente du verbe, de l’Esprit disant « rendons aux Gafam et à la Banque
les comptes en ligne et les smartphones qui leur appartiennent ».
Bon je me m’arrête là.