Selon l’art de la guerre
on vient donc de voir que l’auteur semble ne pas vraiment vouloir connaître son
adversaire, à moins qu’il ne s’agisse d’une tactique de dissimulation, afin d’attirer
à son camp banco-centraliste ceux qui normalement ont pourtant leur intérêt
dans le camp adverse… Mais il ne semble pas non plus se connaître lui-même
vraiment, eut égard aux contradictions internes de son propos. En effet, pour
tenter de nous démontrer l’innocuité, pour les Etats, de leur dépendance à la
dette banco-centralisée il nous dit :« Or, le créancier est la Fed
sur le Trésor US qui lui est endetté vis-à-vis de la Fed, mais tous deux
représentent l’État américain. »
Voyons maintenant ce que
cela donne, si on applique cette formule à la France : « Or, le
créancier est la BCE sur le Trésor Français qui lui est endetté vis-à-vis de la
BCE, mais tous deux représentent l’État Français… ! »
Ce qui « cloche »
manifestement, dans le tour de bonneteau de l’auteur, c’est qu’il « oublie »,
et donc délibérément, vu son statut, de nous rappeler que les Banques
Centrales, en Occident surtout, ont depuis longtemps un statut d’indépendance
totale vis-à-vis des Etats, et qu’elles n’ont donc aucun engagement vis-à-vis de
quelque forme de démocratie que ce soit, n’étant pas, par définition, issues du
suffrage populaire.
Donc, NON, une
dette à l’égard d’une Banque Centrale, que ce soit la Fed ou la BCE, ce n’est
pas, pour l’Etat, une « dette à l’égard de soi-même » et qui ne conditionnerait
donc pas les choix de gestion du dit Etat.
La dette publique est
bien un facteur essentiel qui conditionne les choix de politiques publiques aux
choix de politique monétaire des Banques Centrales, et donc, fondamentalement,
un déni de démocratie ! Et en France comme aux USA ou ailleurs !
Luniterre