1930. Le drame de Saint-Paul décembre 2008
« Elle
s’appelait Paule. C’est sans doute le seul bébé jamais né sur une des
îles australes françaises. La petite Bretonne ne survivra pas longtemps
sur Saint-Paul, terre de misère pour ses parents et quelques autres
Cornouaillais embarqués dans une aventure inconsidérée en cette année
1930. À Saint-Paul, aujourd’hui île déserte, les ruines d’un projet
tragiquement écourté sont toujours visibles.
L’histoire commence en 1893. Cette année-là, la France se
décide à réaffirmer sa souveraineté sur les îles Kerguelen et les
voisines Saint-Paul et Amsterdam.
Elles ont été oubliées pendant des
décennies, suscitant la convoitise des Anglais ou des Australiens.
Pêche, chasse à la baleine, voire agriculture : il se raconte que,
finalement, ces terres ont un potentiel.
La même année, les
frères Henry et René Bossière, fils d’un armateur baleinier du Havre,
obtiennent la concession des îles Kerguelen. Tous les espoirs sont
permis sur cette vaste terre déserte : l’installation d’un pénitencier
ou l’élevage de moutons.
Plus tard, les frères Bossière obtiendront
l’extension de leur concession aux îles de Saint-Paul et Amsterdam,
distantes de 1.500 km. C’est que ces deux cailloux volcaniques, s’ils
n’encouragent guère une implantation humaine faute notamment de points
d’eau, disposent de richesses maritimes : langoustes et poissons
abondent sur l’étroit plateau marin qui les ceinture...
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