@Mélusine ou la Robe de Saphir.
Il nous faut quand même faire attention à ne pas participer à la psychiatrisation de tout ce qui dépasse…
Personnellement, en matière de psy, j’ai à peu près tout connu, depuis l’asile fermé jusqu’au centre de consultation en ville, au suivi à domicile et en passant par les tests des nouveaux antipsychotiques en phase IV, ce qui a fini par me donner un certain recul critique.
L’anti-psychiatrie c’était bien sympa d’un point de vue philosophique, mais pour les petites mains dont je faisais partie ça ne réglait pas nos problèmes ni ceux de nos patients. Pour Palo Alto, je ne peux pas être d’accord avec vous. La pratique des méthodes d’un Carl Rodgers (et accessoirement Eric Berne) m’a changé ma vie professionnelle au bénéfice des patients dont je m’occupais, ce qui était le principal. Des patients composés à 80% de psychotiques, pas des névrosés ou des ‘’normosés’’ (néologisme créé par mon formateur rodgérien qui définissait ça comme ‘’normalement névrosés comme vous et moi’’…).
Le barrage français contre cette école américaine venait, selon moi, de la profonde influence de l’école psychanalytique sur notre métier, école qui s’est sentie directement agressée par la théorie de la boite noire des systémiciens qui écartait tout ce qui tournait autour de l’interprétation. C’était donc bien remettre en cause un des fondements du freudisme et attaquait le territoire de l’autre, notion importante comme je le constatais très souvent dans les réunions de synthèse, avec des tensions plus ou moins masquées entre psychiatres et psychologues pouvant aller parfois jusqu’au clash. Mais vous avez peut-être connu ça aussi…
Maintenant, pour cette malheureuse gamine et sa famille, la réalité pure et dure est que cette femme avait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQT), obligation qui n’a pas été exécutée comme trop souvent, hélas.