@Decouz
Le sens du mot « libertin » au
18ème avait déjà été perverti par rapport à l’usage qu’on en
faisait au 17ème, et pour cause : le courant libertin dont le
chef de file était Théophile de Viau consistait avant tout en un
athéisme aristocratique ; la « débauche » n’était
qune des conséquences possibles ce positionnement idéologiquepar la
remise en cause radicale de la morale chrétienne.
Le Dom Juan de Molière n’est pas le
fruit du hasard : le héros est avant tout athée, avant d’être
séducteur, or la postérité n’a retenu que le dernier aspect qui
est secondaire. Ce n’est pas par hasard non plus si ce jeune noble
est terrassé par la statue du commandeur, symbole de l’ordre étable
qui se révèle plus puissant que toute rébellion.
Le glissement du signifié du mot
« libertin » de « contestataire » à « dissolu »
au 18ème siècle n’est pas non plus le fait du hasard, mais le
résultat d’un travail de fond des jésuites pour discréditer un
mouvement d’émancipation en le ravalant à ce qu’il avait pu,
éventuellement, produire de pire. Sade a été utilisé à cette fin
en stigmatisant les aspects sulfureux de son œuvre et en oblitérant
ses convictions républicaines ( Français,
encore un effort si vous voulez être républicains).
Un peu comme l’image de "l’homme
au couteau entre les dents" pour les bolchéviks.