@moderatus
Donc, pour vous, le paradis perdu, c’est « la France des 30 glorieuses, ce n’est pas si loin ! »
Les « trente glorieuses »
(1945-1975) ne concernent pas que la France. Leur caractéristique
est même de mettre en œuvre le programme concocté outre-Atlantique
confié aux « young leaders » : participer au « rêve américain »
synonyme de Croissance, Développement, Progrès, Modernité, etc.
Mais vers le milieu des années 70 la
« croissance » en question a ralenti et les « crises »
se sont succédé dans tous le pays occidentaux « développés ».
Alors, certains nostalgiques ont appelé
la période suivante les « Trente Piteuses », mais peut-être
qu’un jour on reconnaîtra que les « Trente Piteuses »
correspondaient plutôt à cette période 45-75 pendant laquelle le
Progrès, si ce n’est le Bonheur, sont devenus synonymes de
« toujours plus » : toujours plus d’exploitation de
matières, donc de consommation d’énergie, et de pollution... afin
de produire toujours plus de bagnoles, d’avions, de télés, de
béton, etc., etc. Toujours plus gros, toujours plus haut, toujours
plus rapide... Et toujours plus de profit. No limit !
Les « libéraux » initiateurs
du projet croyaient (et certains comme Musk continuent à croire) que grâce à
la techno-science rien ne pourrait leur résister, et que le mot
« impossible » était du registre du passé. Mais ils avaient
oublié que la croissance infinie dans un monde fini était
impossible, et c’est justement cette période que vous bénissez qui
a engagé notre système dans la décadence que vous déplorez.
Cet extraordinaire « Développement »,
amenant ce fameux « Progrès » s’est fait sur
l’exploitation des pays les plus faibles, sur le pillage de notre
environnement, et grâce à une énergie abondante et bon marché :
le pétrole. C’est la « crise pétrolière » de 1973 qui a
enrayé la machine, et ce ne seront pas les énergies « vertes »
et « renouvelables » qui pourront le remplacer. La fin du
pétrole, qui coïncide avec bien d’autres pénuries et problèmes
majeurs porte le coup de grâce au rêve américain, et la France
n’est qu’un des états-nations victimes
de cette errance.
Un jour viendra... quand il n’y aura
plus de pétrole, et presque plus rien dans les magasins... où les
milliards d’euros ou de dollars qui étaient supposés pouvoir tout
acheter dans les pays pauvres ne vaudront plus rien.
Alors on reviendra peut-être à des
rapports et des échanges plus simples. On échangera un poulet
contre 5 kg de patates, ou bien 1 heure de bricolage contre 1 heure
de cours de français, ou autre. Mais par pitié, arrêtez de nous
bassiner avec vos « trente glorieuses ».