Une révolution éthique anima le peuple des épouvantails, désireux de restaurer des relations saines et amicales avec tous les oiseaux. Il fallait pour se faire, trouver des ambassadeurs, des truchements pour établir une plateforme de négociation pour une paix durable. Les pigeons voyageurs se portèrent volontaires, retrouvant ainsi un atavisme propre à l’espèce.
Les premiers échanges furent désastreux. Le conseil représentatif des épouvantails ne trouva rien de mieux que de rédiger leurs premières missives à la plume d’oie, un symbole fort peu apprécié par leurs interlocuteurs qui firent la tête devant pareil affront. Leurs réponses ne furent elles aussi peu favorables au dialogue constructif et la tentative de paix faillit se retrouver le bec dans l’eau.
La langue des oiseaux, pour imagée qu’elle fut, posa d’incontestables problèmes de compréhension chez les épouvantails bien trop terre à terre pour accéder ainsi à cette symbolique et aux jeux de mots. Heureusement, il se trouva de joyeux pinsons qui comprirent le mal-entendu et sifflèrent la fin de cet imbroglio.
Les épouvantails optèrent pour la mine de bois et les oiseaux adoptèrent la langue des cygnes, plus accessible à leurs nouveaux correspondants. Les échanges furent apaisés, les difficultés aplanies et bientôt une paix des braves fut scellée et matérialisée par les colombes qui vinrent établir domicile sur leurs nouveaux amis.
Très beau texte... Je suis très ému !!! A bientôt. Amitié.