@titi
Moralité les Russes sont moins efficaces, et moins persévérants
Moins eficaces, certainement (rapport budgets OTAN/Russie de 10 à 1), moins persévérants, on verra.
Dans vos analyses de haut niveau, dans vos comparaisons percutantes, vous
assimilez donc l’OTAN (qui se bat en Ukraine contre la Russie) à l’armée afghane
(qui s’est battue contre l’invasion de l’OTAN). Effectivement, la Russie met un peu plus de temps contre les armes de l’OTAN que les USA contre l’armée afghane.
Mais assimiler l’OTAN à l’armée afghane, c’est pas
gentil pour l’OTAN. Un peu de respect pour cette alliance, SVP.
Dans le
story telling et la déconnante généralisée, vous êtes toutefois en bonne compagnie.
Je me
rappelle les déclaration d’un analyste de plateau brillantissime, professeur de
criminologie au CNAM, Alain Bauer, qui disait que la guerre était pliée, que la
Russie était défaite dès février/mars 2022, après le retrait de Kiev.
Et pour l’honneur
de notre armée, j’éviterai de rappeler les délires de nos généraux de plateau.
Vous avez donc moult excuses.
C’est encore
Xavier Moreau, qui annonçait la victoire de la Russie dès mars 2022 qui semble
le plus près de la réalité telle qu’elle se présente aujourd’hui, mais sous toute
réserve, la guerre n’étant pas terminée.
Tous ces
pronostics et ces analyse bidons n’ont pas grand intérêt, car le militaire est
au service du politique. C’est le politique qui, pour l’essentiel, décidera de la configuration finale, pas le militaire.
Que dit le
politique ? Que la Russie, sauf si elle disparaît en tant qu’Etat (une
possibilité, mais assez faible), ne lâchera jamais la Crimée, quitte à glisser
vers un affrontement direct et potentiellement nucléaire avec les USA. Je ne
crois pas que les USA pousseront la partie de poker jusque-là.
Pour l’Est
de l’Ukraine, il y aura sans doute négociation. Le volet militaire contribuera
à définir les termes de la négociation.
Pour l’Ukraine,
le mieux eut été une négociation en 2022. Aujourd’hui, l’Ukraine est en moins
bonne position. Pour demain, j’éviterais tout pronostic, ayant du mal à comprendre ce que recherche vraiment le bloc USA/UE, l’objectif de retrouver l’Ukraine de 1991 relevant de la communication.
La Russie, elle, veut la Crimée et le désarmement, la neutralisation de l’Ukraine et au moins l’autonomie de l’Est du pays. L’adhésion à l’UE de l’Ukraine post-négociations d’ici 10 ans voire plus paraît secondaire (de mon point de vue). C’est au regard de ces objectifs qu’il faudra, d’ici deux à trois ans, juger de la défaite ou de la victoire de la Russie dans cette guerre.