@zygzornifle
S’il est manifeste qu’une partie de la population accueille officiellement et médiatiquement avec beaucoup de chaleur la récente promotion du wonder-boy macronien aux fonctions de Premier ministre, il est probable que la réalité soit toute autre tant l’image détestable de l’intéressé et de son créateur avec le cortège de l’image désastreuse qu’il transpire et véhicule suscite un profond phénomène de rejet.
Un homme jeune, capable, prometteur, disposant d’une solide formation, d’une expérience déjà éprouvée au regard de potentialités certaines, ayant eu un parcours académique ou professionnel de terrain solide — la France est riche de ce genre de profil — aurait certainement été favorablement et heureusement accueilli, n’en doutons pas.
Mais tel n’est pas le cas et d’une certaine manière on ne peut que se féliciter de « l’erreur de casting » phénomènale que représente à mon avis le choix de M. Attal pour occuper et exercer le poste comme les fonctions de Premier ministre de la France.
Un poste et des fonctions qui auront été littéralement anéantis par M. Macron.
Chef du Gouvernement, le Premier ministre en « dirige l’action ». Son pouvoir de direction lui permet de donner des instructions aux ministres. Il peut, par exemple, demander à tel ou tel ministre de préparer un projet de loi. Mais il n’est pas le supérieur hiérarchique des ministres.
Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de l’administration et de la force armée avec le Président de la République qui est le Chef des armées.
Le Premier ministre exerce le pouvoir réglementaire (c’est-à-dire les normes juridiques qui ne sont pas du domaine de la loi et signe les décrets.
Il nomme aux emplois civils et militaires ; dans certains cas, le passage par le Conseil des ministres est obligatoire.
En bref, sans développer plus avant des prérogatives réelles qui supposent une personnalité solide permettant à l’intéressé de s’inscrire utilement dans le bicéphalisme propre à la pratique de la Vè République, il est difficile d’imaginer que la créature puisse sinon s’affranchir à tout le moins s’imposer pour diriger l’action gouvernementale. le juriste René Capitant, comme chacun sait, Capitant définissait le régime parlementaire comme « le gouvernement des ministres responsables ». Dans la Constitution de la Vème République, le Gouvernement est défini matériellement par l’article 20 en tant qu’il « détermine et conduit la politique de la Nation ». L’existence du Gouvernement est consacrée par l’existence d’un Conseil des ministres, présidé par le Président de la République.
Tout cela a manifestement disparu et laissé la place, au sens propre du terme, à un pitoyable simulacre, apparence trompeuse reposant sur une illusion d’optique.