Quelle gauche ?
Vous conviendrez que le flou des mots
n’est pas de nature à favoriser la compréhension des situations et la
complexité des réalités. Vous n’avez pas inventé cette pratique dont nous
usons tous à l’occasion, immergés que nous sommes dans le flux médiatique qui
s’impose à nous et l’urgence et la nécessité, nous fait-on croire, d’avoir un
avis sur tout puisque ceux qui vivent de ce flux nous en font la sommation en
nous imposant le leur.
Les réseaux sociaux apportent ici évidemment
leurs contributions éminentes. Cela entretient le jeu des propagandes
électoralistes qui s’adressent prioritairement aux bonnes volontés censées
chercher des réponses simples en résonnance avec leurs difficultés. Nous le
savons tous et nous savons que cela en réalité ne nous mène nulle part. Cela
globalement n’est pas de nature à améliorer la compréhension et la maîtrise
de notre vie commune si c’est encore un objectif partagé.
J’aimerais mieux comprendre : « celle
qui penche sensiblement à gauche. ».Parce que justement, il me semble
que la notion de gauche est victime d’un énorme flou et que cela nous rendrait
un énorme service d’en préciser les contours pour que chacun sache de quoi on
parle. Un peu comme dans un magasin d’alimentation, il vaut mieux savoir
ce qu’il y a dans le produit avant de l’acheter. La gauche de la
macronie, la gauche de Hollande et Valls, la gauche de Raphaël Glucksmann, les
640 propositions de la NUPES ? Qui proposent des analyses et des
propositions précises que chacun peut consulter et qui ont changé la donne
politique en montrant que le rassemblement est possible et attendu.
Obligeant le pouvoir en place et ses vrais-faux adversaires à se dévoiler de
plus en plus dans la course à la succession.