@chantecler
Beaucoup fonctionnent sur un manichéisme primaire , sur le rejet arbitraire de l’autre , sur le déni, sur la haine fondamentale,
En Ukraine,
il y a d’abord et avant tout un conflit géopolitique évident dont l’enjeu est
la poursuite de l’extension de l’UE et de l’OTAN d’une part, le statut de
puissance moyenne ou grande puissance de la Russie, d’autre part (Brzezinski).
C’est bien sûr l’essentiel dans cette guerre.
Mais la
dimension que j’ai voulu introduire dans mon long commentaire écrit à la va
vite est celle du ressenti des peuples dans leurs relations, et l’impact que
cela a pu avoir sur le vote russe. Je crois que les Russes, ceux qui détestent
Poutine comme ceux qui le soutiennent, ont fait bloc derrière leur chef dans un
réflexe de colère et d’indignation, se sentant ostracisés, agressés par l’Occident dans leur
identité suite au deux poids deux mesures qui leur a été violemment appliqué.
Cette
dimension psycho-relationnelle est secondaire par rapport aux facteurs
objectifs du conflit (zones d’influence …), mais elle a son importance dans l’après
conflit, quand les relations reprennent (cf. France-Allemagne). Cela se passe d’autant
mieux qu’un certain respect a subsisté dans les moments les plus chauds, les
plus aigus.
Les
Occidentaux en conflit avec la Russie aiment à préciser qu’ils ne font pas la
guerre au peuple russe mais à ses dirigeants. En réalité, ils font bien la
guerre au peuple russe et à ses dirigeants qui sont solidaires (87 %), mais
veulent en séparer la riche culture russe qui est européenne, et la maintenir ainsi
dans le patrimoine européen, sans les Russes en quelque sorte. Démarche hypocrite et stérile. Je suis pessimiste quant au futur des relations franco-russes.